08 mai 2009
Chansons de Minangkabau à son temps initial
 une publicité des chansons de Minangkabau enregistré sur disques affichée par un magasin Anti Mahal, Fort de Kock (Sinar Sumatra, 1 août 1940) |
Par Suryadi
Les chansons de Minangkabau que l‘on connaît sous terme de pop minang ont une histoire très longue. D‘après un article rédigé par Bart Barendregt, elles ont apparu depuis la fin du XIXème siècle. Voici la phrase attestant ce propos « The sound of ‘longing for home‘; Redefining a sense of community through Minang popular music. » (Bijdragen tot de Taal-, Land- en Volkenkunde [BKI] 158-3, 2002 : 411-50).
Il y a au moins deux facteurs qui avaient poussé l‘apparition des chansons de Minangkabau à la vie quotidienne du peuple de l‘époque. Le premier est l‘émergence de la culture urbaine suite de modernisation de la société de Minangkabau à Padang par la voie de construction des lignes ferroviaires et la port d‘Emmahaven (Teluk Bayur). Le second est la mise en vente de l‘appareil pour enregistrer des voix humaines que l‘on a connu sous nom de « mesin bicara ‘appareil parlant‘ ».
Depuis la décennie précédente, comme l‘a noté Ch. E.P. van Kerckhoff dans Het Maleisch Toneel ter Weskust van Sumatra ‘Du théâtre malais de Sumatra Ouest‘ (TBG 31, 1886 : 302-14), les artistes locales, en réalité, ont adopté les spectacles indigènes, régionales (notamment qui était venues de la péninsule malaise et de Java comme le théâtre bangsawan et le komedi stamboel) et européennes de sorte qu‘une nouvelle forme d‘art spectacle a apparu sous nom de gamaik ou gamad. Ces deux derniers étaient la racine des chansons de Minangkabau.
Popularisation de mesin bicara
À l‘île de Sumatra, la gramophone a pour la première fois introduit à Padang en 1898 (Sumatra Courant, 30 août 1898). Très vite, l‘acquisition du gramophone était à la mode au milieu des riches de Minangkabau. Ce phénomène a été noté par une voyageuse américaine qui s‘est rendue visite Darek en 1914. Carrie Chapman Catt, s‘appelait-t-elle, était très étonnée d‘avoir vue le gramophone qui est devenu un objet d‘exposant et un symbole de modernisation et de réussite au sein de la société de Padang (voir : Carrie Chapman Catt, « A Survival of Matriarchy », Harper‘s Magazine 128, 1914 : 738-42).
Les commerces qui vendaient l‘« appareil parlant » se sont accrus à la ville de Padang et de Bukittinggi. Ils faisaient disponibles également des appareils associés au gramophone tels que ses disques et ses stylets. Les initiateurs avaient été les Européens et puis les Chinois et les Minang les ont suivi au résultat de la hausse demande d‘un produit de haute technologie de l‘information dont l‘apparition aux Pays-Bas avait attiré les gens d‘en avoir (Suryadi, « The ‘talking machine‘comes to the Dutch East Indies : The arrival of Western media technologiy in Southeast Asia », BKI, 162. 2/3, 2006 : 269-305).
Il faut mentionner les magasins suivants. À Padang il y avait Toko Tuinenberg (au quartier d‘Alang Lawas), N.V. Warenhuis-Tokra et Toko City Magazine (au Pondok), Toko Siauw Beng Tjoan (au quartier chinois et javanais et à Pondok), Toko Public, Toko Lie Sam Tjoen et Toko Madju (au quartier javanais), tandis qu‘à la ville de Fort de Kock (Bukittinggi), il y avait deux magasins appartenaient aux Minangkabau Toko Anti Mahal (voir l‘image principale) et Toko Minangkabau. Notons que le mot toko veut dire magasin.
La naissance du gramophone a permis les Européens qui se consacraient à l‘industrie media de partir en Asie, surtout des Indes néerlandais. Ils y sont venus pour enregistrer seulement des chansons locales dans plusieurs régions de l‘Archipel. À cette époque-là, la reproduction d‘enregistrement sonore sur disque à partir de celui d‘originale n‘a pu s‘effectuer qu‘en Europe. Depuis des années 20, il a déjà existé les studios d‘enregistrement sonore en Inde, Singapour et au Japon. Grâce à ce développement, le grand nombre de chansons malaises et d‘autres régions est entré dans l‘enregistrement sonore à l‘objectif commercial. C‘était Fred Geisberg de la British Gramophone Company qui a entrepris l‘affaire commerciale en 1902-1903 et puis suivi d‘une société allemande, Beka Ekspedisi, dirigé par Heinrich Bum en 1905-1906. Dans les décennies qui ont suivi, les entrepreneurs locaux se sont rejoints dans le domaine. Leur intégration dans le domaine a marqué le transfert de connaissance de la technologie d‘enregistrement sonore du privilégié étranger à la main des indigènes.
Enregistrement à l‘objectif commercial
Grâce à l‘apparition de gramophone et de disques, les chansons de Minangkabau se sont mises à trouver son essor. Au début du XXème siècle, quelques enregistrements de chansons de Minangkabau étaient disponibles sous forme de disque dans les magasins de musique. Les disques étaient étiquetés ‘Angsa Minangkabau‘, ‘Koedo-koedo‘, ‘Polau Air‘, ‘Odeon Minangkabau‘, ‘Tjap Singa‘, ‘Tjap Angsa‘ et ‘Tjap Kucing‘. À Minangkabau, l‘industrie d‘enregistrement sonore à l‘objectif commercial a pris son départ environ des années 30 et a continué jusqu‘à nos jours.
Les publicités offrant le gramophone s‘affichaient dans les quotidiens néerlandophones édités aux Indes néerlandais, le même cas à Padang. Au seuil de la première décennie du XXème siècle, les journaux malayophones à Padang (et aussi à Batavia et aux autres grandes villes de Java) ont suivi leurs concurrents néerlandais. Ces publicités ont indiqué que la société indigène avait besoin de ce dispositif.
La technologie d‘enregistrement sonore a rendu célèbre plusieurs chanteurs de Minangkabau. Comme les chanteurs de notre époque, ils avaient le même statut que leurs prédécesseurs. Les noms tels que Oedin dari Kayu Putih, Rapioen dari Mandiangin et Si Galia dari Batu Palano étaient très connus parmi les pionniers de chansons populaires de Minangkabau. Autres vedette de pop minang était Boestanoel Ichsan, un orchestre de gambus ‘luth à sept cordes‘ de Bukittinggi, dont les deux chanteurs étaient très connus, Hadji Moein dari Lintau et une chanteuse qui s‘appelait Roekiah (il n‘y a pas de renseignement sur son lieu d‘origine).
Origine de l‘industrie d‘enregistrement à Sumatra Ouest
À la fin de l‘année 1939, le magasin Anti Mahal à Fort de Kock (Bukittinggi) a détenu le droit pour fabriquer les enregistrements de chansons de Minang à la marque d‘Angsa‘. Le quotidien Sinar Sumatra (22 novembre 1939 et dans les éditions suivantes) a rappelé ses lecteurs pour « ne pas oublier d‘acheter le disque à la marque de Tjap Angsa exclusivement fabriqué par le magasin Anti Mahal, Fort de Kock ». Pour différer de l‘autre marque et attirer l‘intérêt des gens, l‘annonce a ajouté que « le disque à la marque d‘Angsa est fabriqué de telle manière pour qu‘il soit résistance aux chocs et durable ». Tandis que l‘autre magasin de Fort de Kock, comme le même quotidien Sinar Sumatra (7 juillet 1939) a attesté, Toko Minangkabau a semblé essayer de rivaliser son concurrent en étant devenu le plus grand distributeur de disque à la marque d‘Odeon Gadjah.
D‘après Philip Yampolsky dans un entretien avec l‘auteur en 1998, le disque de Tjap Angsa (‘Cap Anso‘ en langue de Minangkabau) ne s‘est vendu qu‘à Sumatra. Il est probable que la politique de sa société éditrice et son distributeur, Toko Anti Mahal à Bukittinggi jouait un rôle décisif. Il serait possible que la fabrication des disques de Tjap Angsa n‘était pas en masse parce que la technologie d‘enregistrement était, à cette époque-là, neuve. Les ressources humaines étaient peu nombreuses au sein de la société de Minangkabau par conséquent la distribution de produit n‘a pas atteint les régions loin de la ville.
Les sources historiques ont montré que plusieurs genres de la musique traditionnelle de Minangkabau tels que saluang et kaba avaient été enregistrés sur le disque à l‘objectif commercial. Il semble que le disque de kaba a atteint Java parce que à Batavia, il y avait un magasin, Toko Delima, se trouvant à Postbox 92, Batavia Centrum qui a vendu les disques de ce genre musical (voir H. Agus Salim, Tjeritera isra dan mi‘raj Nabi Muhammad Rasoeloellah Çalla- ‘lahoe- ‘alayhi wa sallam. Bandoeng & Batavia : Soemberilmoe, 1935 : sampul belakang).
Au seuil de l‘indépendance de l‘Indonésie, le pop minang s‘est développé. La présence des groupes tels que Taruna Ria et Kumbang Tjari qui ont engendré les chanteurs comme Elly Kasim, Syamsi Hasan, Tiar Ramon, Nuskan Syarif, etc., a monté la réputation de pop minang.
À la fin des années 60, la technologie d‘enregistrement mécanique sous forme de disque phonographique est devenue périmée et remplacée par l‘enregistrement électromagnétique. Grâce à ce dernier moyen d‘enregistrement, le pop minang est arrivé sur la nouvelle étape. Des nouvelles sociétés éditrices de cassette audio se sont apparues, on peut citer les noms tels que Tanama Record, Sinar Padang, etc. Cette émergence de la nouvelle étape est suivie de l‘apparition des nouveaux chanteurs tels que Ferry, Zalmon, etc. et des compositeurs des chansons de minang tels que Syahrul Tarun Yusuf, Agusli Taher, Sexri Budiman, etc. Sur le plan de musique, les chansons de minang se sont distinguées par des nouvelles variations, en particulier à la fin des années 90.
Ainsi une histoire brève de l‘apparition de pop minang. À présent, il existe environ 70 sociétés éditrices à Sumatra Ouest.
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Suryadi, professeur et chercheur au Opleiding Talen en Culturen van Indonesië ‘centre d‘études de langues et de culture d‘Indonésie, Université de Leyde, Pays-Bas
Cet article a été publié chez Padang Ekspres, dimanche, le 15 mars 2009.
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