Pinisi (voilier traditionnel de Bugis)
1. Histoire
Le bugis est l‘un des groupes ethniques de Sulawesi du Sud. Depuis longtemps, il a marqué une trace caractéristique dans l‘histoire maritime d‘Indonésie. Il y a tellement de preuves qui ont attesté la maîtrise de la mer des Bugis. La cause principale était, comme Sulawesi du Sud produsait davantage de denrées convoitées de tous les pays dans et autour de l‘archipel insulindien, les marchands de Bugis devaient vendre leur marchandise en traversant non seulement les mers interiéures de l‘archipel mais aussi les pleines mers ; ils voyageaient en Malaisie, aux Philippines, en Australie et même au Madagascar. Pour réaliser cet objectif, ils utilisaient les bateaux traditionnels de Bugis-Makassar, ces bateaux ont plusieurs appelatifs traditionnels tels que : pinisi, lambo‘ (palari), lambo‘ calabai, jarangka‘, soppe‘ et pajala. Malheureusement, parmi tous les bateaux, le pinisi est le plus populaire d‘aujourd‘hui. Cette notoriété a engendré un appelatif « perahu pinisi » prononcé par la majorité des marins qui étaient les Bugis ou au moins parlaient la langue de Bugis.
L‘origine de ce voilier de Bugis est divisée en deux versions. La première a proclamé que le voilier était un œuvre d‘un franco-allemand. Un chercheur étranger qui avait fait une recherche sur Martin Perrot, un franco-allemand qui s‘était enfui à Kuala Terengganu, a soutenu cette hypothèse. Dans cette ville, selon la recherche, Martin Perrot époux d‘une femme malaise travaillait comme un menuisier. Un jour le sultan de Terengganu, le sultan Baginda Omar, l‘a ordonné de faire un bateau ressemblant à celui de l‘occident. En réponse de cet ordre, il a fait un bateau à deux mats. Ce type est identique que celui de pinisi d‘aujourd‘hui.
L‘autre version, en particulier l‘histoire qui est en provenance de Sulawesi du Sud, a cependant confirmé le contraire. D‘après celle-ci, le pinisi a déjà apparu depuis XIVe ou XVIe siècle, le premier constructeur était Sawerigading, le prince héritier du royaume de Luwu. Il était le personnage de legende dans une épopée de Bugis « I La Galigo ». I La Galigo raconte qu‘un jour, lorsque Sawerigading rentra de son errance, il vit sa jumelle Watenri Abeng et puis tomba amoureux de celle-ci. Cette affaire provoqua le colère de son père, le roi de Luwu. Pour rejouir le cœur de Sawerigading, Watenri Abeng lui demanda d‘aller en Chine où, selon elle, il y avait une princesse qui était identique d‘elle. Cette princesse chinoise s‘appelait We Cudai. Un problème se posa, pour traverser la mer qui séparait son pays et la Chine il lui fallut un moyen de transport dur et solide, or Sawerigading ne l‘avait pas. Pour construire le bateau, il avait besoin de bois de l‘arbre welengreng ou l‘arbre dewata qui ne poussait que à la région de Mangkutu. Malheureusement, par les habitants locaux, cet arbre était sacralisé, alors personne ne put l‘abattre. Pour le profaner, Sawerigading organisa une cérémonie au profit de départ du génie de l‘arbre vers l‘autre endroit. Cette cérémonie était conduite par sa grand-mère, La Toge Langi (Batara Guru). On dit que, après avoir abbatu l‘arbre, la contruction du bateau fut faite en manière surnaturelle dans le centre de la terre par la grand-mère. Puis, Sawerigading partit pour la Chine et jura de ne pas retourner à Luwu.
En bref, Sawerigading épousa la princesse We Cundai et habita en Chine. Au fil de temps, sa terre natale lui manqua ensuite il prit la mer vers Luwu, soudain à l‘approche de la port, une grosse vague frappa son bateau en morceaux. Les morceaux se dispersèrent dans plusieurs endroits, la moitié de la coque s‘échoua sur la plage Ara, les cordes et les voiles se trouvèrent à Tanjung Bira, et la quille se posa à Lemo-Lemo. Alors les habitants locaux reconstruirent les morceaux du bateau. Cette action a suscité un mythe qui attestait le savoir-faire des habitants locaux de construire le pinisi. C‘est ainsi l‘histoire de la version des indigènes, ils ont le savoir-faire de construire et conduire le pinisi hérité de leurs ancêtres. D‘après l‘histoire locale, les habitants d‘Ara maîtrisent l‘ingénierie de la coque du pinisi, les habitants de Lemo-Lemo sont les experts de faire le finissage du pinisi alors que les habitants de Tanjung Bira sont doués à conduire le pinisi (ils deviennent le maître d‘équipage et les marins). Ces particularités engendreraient une expression locale « Panre patangan‘na Bira, Paingkolo tu Arayya, Pabingkung tu Lemo-Lemoa » en français seraient ‘les matelots d‘avant sont de Bira, les maîtres de singkolo (outil traditionnel à resserrer la plaque) sont d‘Ara et les maîtres de finissage de Tana Lemo‘. Convaincue par cette expression, beaucoup de gens, notamment les Bugis-Makassar, croient que le pinisi de bonne qualité devrait être fabriqué par les habitants d‘Ara et ceux de Tana Lemo.
2. Construction du pinisi.
La construction du pinisi se fait dans un chantier simple s‘appelant bantilang en utilisant la methode de ruling. Celui qui joue un rôle décisif pendant la construction est le punggawa (le chef des constructeurs) soutenu par les sawi (les constructeurs supplémentaires) et les apprentis sawi. Outre les éléments primaires, la construction a besoin des mains des autres hommes, alors l‘ensemble de l‘équipe compte des dizaines d‘hommes. En tant qu‘une série successive, elle est composée en quelques étapes. Voici les étapes :
a. Recherche du bois et son abattage
L‘espèce de l‘arbre récommandé est le bois welengreng ou dewata parce qu‘il est très dur et persisté de l‘eau. Avant de trouver le bois, l‘équipe doit effectuer la recherche du bois au cinquième et au septième jour du mois de la construction. Cette croyance se fonde sur la conception des indigènes sur les deux chiffres. Pour les habitants de Tana Beru, le 5 (naparilimai dalle‘na) représente « la chance est à la main » et le 7 (natujuangngi dalle‘na) représente « la chance arrive toujours ». Après avoir trouvé l‘arbre dans lequel on croit ou présume un génie s‘abrite, l‘équipe lui demande solennellement de se déplacer en effectuant un rite de sacrifice d‘un coq. Ce rite sert à le contenter afin de ne pas perturber l‘abattage. Enfin, on peut l‘abattre et l‘amener vers le bantilang.
b. Assèchement et débitage du bois
À l‘arrivé au bantilang, l‘équipe sèche le bois, puis après avoir l‘examiné, il le prepare pour un autre rite. Le rite est fait avant de poser le bois vers le nord-est. D‘abord l‘équipe pose le bois ou la future quille du pinisi en l‘orientant un de ses bouts au nord-est, cela symbolise la masculinité tandis que l‘autre bout qui oriente au sud-ouest représente la feminité. Et puis, l‘équipe marque une gravure en disant une formule de prière sur le bois qui est prêt à être coupé. Cette élévation de prière sert à rendre le bois fonctionne comme il faut (pour qu‘il soit dur et bien attaché).
Le découpage du bois doit s‘attacher au principe du découpage vigoureux qui vise sur la veine du bois et il faut bien scier, sans arrêt, le bois d‘un bout à l‘autre. En obéissant cette principe, le bois durera longtemps. Un habitude typique manifeste une conception traditionnel de la vie conjugale des Bugis. Le morceau du premier coup au bout masculin sera jeté dans la mer symbolisant le mari qui gagne sa vie en mer tandis que le morceau de l‘autre bout sera conservé chez les équipiers symbolisant le rôle ménager de la femme.
c. Assemblage
Une fois le tronc de l‘arbre debité à la scie, c‘est le travail des menuisiers de le former en plusieurs parties du bateau, telles que la quille, les bordages, les mats, etc. Lorsque la quille est formé et poncée, alors le procédé suivant est d‘assembler le soting ‘plaque de bois servant à resserrer la quille‘. Cette assemblage, comme tous les autres procédés, est débuté d‘un rite kalebiseang. Puis, l‘assemblage de cent vingt-six bordages de différentes mesures (de bas en haut). Les bordages de petites mesures sont posés en bas et ceux de grandes mesures sont installés en haut. Cette assemblage est également accompagné du rite anjerreki, qui sert à renforcer la quille. Le procédé suivant est l‘assemblage de la poupe et du safran. Ensuite, le procédé qu‘on appelle a‘panisi, c‘est le calfatage des interstices. La coque qui est déjà en forme mais laisse encore les interstices des bordages, il s‘ensuit qu‘on mette du majun ‘une substance traditionnelle permettant de fermer les interstices des bordages du bateau‘. Afin de faire adhérer la surface de contact et les bordages, on fait une colle obtenue de l‘écorce de l‘arbre barruk.
Une fois les bordages sont bien collés, le procédé suivant est d‘enduire les bordages ou en terme local se dit allepa. Les matières principales du mastic sont de la chaux et de l‘huile de cocotier. Pour en faire, la pâte de deux substances est mêlé pendant douze heures par six personnes, le volume du mastic depend de la mesure du bateau. Pour enduire un bateau de cent tonneaux, il faut préparer vingt kilogrammes de mastic. Enfin la coque enduite est poncée de l‘écorce du fruit de papaye.
L‘utilisation des matières organiques (l‘écorce de l‘arbre barruk et celle du fruit de papaye) ci-dessus est lié de l‘histoire de la création du pinisi qui a utilisé du pouvoir surnaturel. Convaincu de l‘histoire, les habitants de Tana Beru croient que leur société fait partie du microcosme, la partie de l‘univers (macrocosme). La relation entre ces deux cosmes soumet à la règle perpetuelle, sacrée et définie en tant que la tradition par les ancêtres des habitants de Tana Beru. L‘harmonie de ces deux cosmes est très bien conservée de sorte qu‘ils tendent à conserver la tradition et à renoncer ou même soupçonner des idées de neuves. C‘est la cause pricipale pourquoi ils n‘utilisent pas la technologie plus avancée.
La conception exprimée ci-dessus se manifeste dans les activités, dans ce cas sont des rites, au bantilang ‘chantier‘ où la construction pourrait être conçu comme un processus de la naissance d‘un enfant. Cette métaphore se voit dans le rite anatra kalebiseang ‘le débitage de la quille‘. Le débitage et l‘assemblage de la quille symbolisent le mariage entre un mâle et une femelle qui fabrique l‘« embryon du bateau », et qui ensuite devient le « futur bateau ». L‘autre rite qui montre cette symbolisation est pamossi ‘rite pour determiner le centre du bateau‘ qui représente « la naissance de l‘enfant au monde de sa mère » ou la mise à l‘eau du bateau à la mer. Dans ce cas le punggawa joue un rôle comme la mère et l‘« obstétricien » à la fois.
D‘après la conception cosmique des Bugis, il faut voir entièrement toutes les choses vivantes qui s‘enchaînent sinon l‘implication sera inévitable, une violation à l‘égard d‘une interdiction provoque des conséquences directs, dans ce cas concernant le bateau étant en construction. La plus dur conséquences est lorsque le sombali fend le cœur du punggawa. Si cela arrive, le bateau assemblé « ne veut pas bouger » lors de lancement parce que, selon leur conception, le punggawa, en tant que mère, ne veut pas céder le bateau considéré comme « enfant du punggawa » à celui qui a déchiré son cœur. Pour éviter tout cela, un sage sombali contacte le punggawa pour réconcilier. Le bateau qui est lancé sans permission du punggawa affrontera un problème dès qu‘il touche la mer. Autrement dit la dureté du bateau dans la mer non seulement depend des causes techniques mais aussi de celles magiques.
d. Installation des mats
Après avoir fini la coque entière du bateau, le procédé suivant est d‘installer les mats et les voiles. Le pinisi utilise deux voiles principales qui s‘appellent le sombala. La voile d‘avant ayant la superficie de 200 m2 est tenue au mat de misaine. L‘autre ayant la superficie de 125 m2 est attachée au mat d‘artimon. Toutes les voiles principales ont un tanpasere ‘petite voile triangulaire orienté vers la poupe‘. À l‘avant de bateau (la proue), le pinisi est muni de trois voiles triangulaires supplémentaires (focs) établies entre le mat de beaupré et le mat de misaine. Les noms des voiles triangulaires sont le cocoro pantara ‘clinfoc‘, cocoro tangnga ‘grand foc‘ et tarengke ‘trinquette‘. On n‘assemble que des voiles quand le bateau flotte dans la mer.
e. Lancement
Avant de lancer vers la mer, le punggawa dirige un rite. Si le déplacement du pinisi est moins de cent tonnes, il faut un chèvre à sacrifier, en revanche s‘il est plus de cent tonnes, un bœuf sera sacrifié. Dans le rite, le punggawa recite cette formule comme la prière « Bismillahir Rahmanir Rahim Bulu-bulunnako buttaya, patimbonako bosiya, kayunnako mukmamulhakim, laku sareang Nabi Haidir. » La traduction en français est « Au nom de Dieu, le clément et le miséricordieux. Vous êtes les poils de la terre poussés par la pluie, soient durs de la dureté de Mukma-nul Hakim je souhaite que le prophète Khidir te garde. »
Une fois le rite est fini, les sahi et les apprentis sahi à la mer. Le lancement se fait lorsque l‘eau monte au midi. Il dure plusieurs jours (en générale trois jours). L‘assemblage des voiles marque la fin de la construction qui dure à peu près six mois.
3. Valeurs culturelles
Si l‘on observe attentivement, le pinisi, qui est considéré comme identité culturelle des Bugis, contient des valeurs applicables au sein de la vie quotidienne, en particulier lors de la construction de voilier. Les valeurs se manifeste en forme du travail d‘équipe, de l‘engagement au travail, de l‘assiduité, de la beauté et de la croyance.
Le travail d‘équipe s‘exprime dans la relation parmi le punggawa (le chef des constructeurs) et les autres experts, les sawi et les apprentis sawi. Chacun a son travail et ses devoirs. Sans un jeu d‘ensemble parmi les membres de l‘équipe, le voilier ne finira et ni se réalisera jamais.
L‘engagement au travail se présente lorsqu‘ils cherchent du bois et abattre l‘arbre welengreng ou dewata qui sont difficiles à trouver. L‘abattage exige un travail dur car ils n‘utilisent que les outils traditionnel (non les outils carburant). Les autres travaux qui montrent cette valeur sont le sciage du tronc, l‘assemblage des pièces, le ponçage de la coque et le lancement, celui-ci oblige de l‘endurance car il dure trois jours, qui imposent une vraie consistance.
L‘assiduité se manifeste dans le débitage du bois qui impose la finesse (la lame de la hache doit fendre le bois en fonction de la veine du bois). La beauté s‘exprime dans la forme du voilier qui a l‘air fort beau et solide.
La valeur religieuse se présente dans tous les rites avant d‘executer un procédé. Avant d‘abattre l‘arbre, le punggawa dirige un rite au profit de départ du génie de l‘arbre de sorte que le génie ne perturbe pas l‘abattage. Et lors de lancement de bateau, le punggawa recite une prière qui généralement demande la disposition d‘un prophet de maintenir le pinisi. (AG/bdy/69/10-07)
(AR/ter/9/07-08)
Bibliographie et sites de référence :
- Melalatoa, Junus, 1995, Ensiklopedi Suku-bangsa di Indonesia, Jakarta, Departemen Pendidikan dan Kebudayaan.
- www.akurini.blogspot.com
- www.buginese.blogspot.com
- www.id.shvoong.com
- www.liputan6.com
- www.sinarharapan.co.id
Appelatif des Bugis en particulier les habitants de Tana Beru, il s‘agit une methode spéciale sur la construction d‘un bâteau, codifié dans le livre Jaya Langkara. On dit que ce livre fut emprunté par un hollandais, malheureusement il ne revint pas encore. Ruling n‘est pas seulement un manuel de construction, mais aussi définit les matières de base et les étapes de lancement.
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