1. Origine
Une expression acihais « matee aneuku meupa jerat gadoh adat pat tamita » montre un principe des Acehnais qui représente un engagement à vie des Acehnais auprès de la règle coutumière. Sur l’autre aspect, c’est une conviction qui considère les valeurs culturelles comme la base de résolution des conflits. Pour le peuple traditionnel acehnais, la transmission des valeurs culturelles auprès des générations suivantes est très importante.
Une cérémonie traditionnelle, en tant qu’élément culturel, telle que le peusijuek meulangga reflète le moyen des Acehnais dans la gestion de conflit plus particulièrement dans le cadre de la prise de décisions et de la résolution de conflit. Cette cérémonie est un rite qui est symbolisé par le semis du riz et le don à quelqu’un une bouchée du riz gluant. Elle a pour objectif de résoudre un conflit tant dans l’aire familiale que sociale afin de mener la société vers une vie paisible. Ses contenus comportent également des problèmes sociaux, politiques et économiques de la région.
Le terme « peusijuek » signifie en langue locale peusijuek leumbeng peurisse ‘rendre la lance et le bouclier’. Pour les Acehnais, cette expression manifeste le dernier moyen pour surmonter le conflit. Le peusijuek peut éviter une rancœur infinie « utang nyawuong gantau nyawuong, utang darah gantou darah ». Il sera organisé dès qu’éclate un conflit. Son apparition est étroitement liée à la nature des Acehnais qui se mettent facilement en colère.
Littéralement, cette cérémonie signifie la recherche de bonheur, de calme et de paix. Si l’on symbolise le conflit comme une plaie, il nous faut de l’eau pour en nettoyer. Une fois qu’elle soit propre, on peut mettre dessus du médicament. On privilégie l’eau parce que celui-ci est considéré comme élément guérissant étant capable de détendre une atmosphère enflammée sur laquelle le dialogue ne peut jamais reprendre.
Comme manière de réconciliation et élément qui garde un lien interpersonnel d’amitié, le peusijuek a le même objectif pour éviter le conflit interpersonnel et plus ou moins a la manière de réalisation similaire que la cérémonie de pela gandong à Ambon, îles de Moluques. Le peusijuek se fait dans l’ensemble de la région d’Aceh, néanmoins chaque sous-région a sa propre manière de réalisation.
Dans l’histoire nationale indonésienne, le peusijuek meulanga s’est fait au moins deux fois, c’était lorsque :
- Le musyawarah kerukunan rakyat aceh ‘réunion de conseil de concorde de peuple d’Aceh’ de 1962. La cérémonie traditionnelle s’est tenue du 18 au 21 décembre à Blang Padang, Banda Aceh. On l’a organisée à l’objectif de réconcilier les rebelles musulmans sous le nom de DI/TII avec le gouvernement d’Indonésie. Les anciens combattants de DI/TII, les personnalités régionales et nationales tant les civils que les militaires ont assisté cette cérémonie.
- La commémoration de l’accord de paix entre le GAM et la république d’Indonésie qui a été signé le 15 août 2005 à Helsinki, Finlande. Elle s’est tenue au bureau du gouverneur d’Aceh à Banda Aceh. La cérémonie a été débutée par l’attribution d’un bouquet de fleur symbolisant la paix, des monnaies symbolisant la prospérité, d’une toque dorée symbolisant la grandeur et par l’attachement un poignard acihais doré symbolisant la sécurité. Au même moment, à la plage Ulee Lheue plus exactement, on a organisée également une cérémonie de la même manière destinée aux réalisateurs de terrain tels que l’ancien commandant de force militaire du GAM, Muzakkir Manaf ; le représentant d’Aceh au Bureau de réhabilitation et reconstruction, Irwandi Yusuf ; le chef régional d’Aceh de police indonésienne, Irjen Bahrumsyah Kasman ; le chef territorial d’Aceh de l’armée indonésienne, Mayjen Supiadin ; l’ancien commandant des dernières opérations militaires de l’armée indonésienne à Aceh, Mayjen Bambang Darmono ; le responsable d’MSA, Pieter Cornelis Feith.
2. Instruments de la cérémonie
Les instruments nécessaires de la cérémonie peusijuek meulanga sont :
- Dalong, un récipient de cuivre. L’usage de cet outil est de symboliser l’unité entre deux parties belligérantes qui étaient en conflit.
- Bu leukat, du riz gluant de couleur jaune et blanc. Le blanc symbolise la pureté tandis que le jaune symbolise la gloire. Le mélange de deux couleurs figure une substance colleur qui permet d’éviter le conflit.
- Breuh pade, un bouquet de tiges de riz. La désignation de breuh pade évoque la nature du plant de riz qui se décline plus en fonction de son âge. Elle sert à rappeler les gens de ne pas être arrogant car ce caractère permet de susciter un conflit.
- Teupong taweue, de la farine délayée avec de l’eau. Le mélange entre l’eau et la farine symbolise l’atténuation de l’atmosphère enflammée des deux parties.
- Ketan kuning, une offrande sous forme d’un ensemble de tissu blanc de six coudées, de vêtement complet et de l’argent. Dans le peusijuek, cet offrande doit être préparé par la partie qui a lance un offensif pour la première fois.
- La feuille de bétel et les autres ingrédients de mastication de bétel.
- Les fleurs et les feuilles. Voici la liste de fleur et de feuille :
- La feuille d’aréquier symbolisant le comportement qui n’écart pas de la norme comme son tige élancé
- La feuille de taro symbolisant intégrité du cœur comme montre la feuille qui est imperméable
- La feuille d’henné, comme la poudre de la feuille produit une teinture de rouge, cette feuille symbolisant un caractère courageux.
- La fleur de kesijuk symbolisant la douceur.
- La feuille de pandanus symbolisant le parfum.
- La fleur de memeru symbolisant l’harmonie.
- Des herbes symbolisant la fertilité et la paix.
3. Manière de réalisation de la cérémonie
La manière de réalisation de peusijuek meulangga est marquée par le semis de teupong taweue sur les parties en conflit. Cette cérémonie est également assistée par l’ureung tuha gampong ‘parents ou les respectés’ des parties belligérants. Dans cette cérémonie, les deux parties sont rassemblées aux yeux de public.
Le peusijuek meulangga est organisé sous l’égide de chef coutumière qui détient l’autorité dans le cadre de réconciliation les parties belligérantes. Le chef coutumier est aussi accompagné par les représentants de deux parties. Dans la cérémonie, on enquête les deux parties, pour aboutir à une conclusion sur la partie offensive et celle de défensive. Et puis le chef coutumier énumère tous les désavantages de victime. Et finalement, on décide que l’offenseur est obligé de fournir le ketan kuning.
Dans autre cas, s’il y a de blessé, la victime recevra de la sayam ‘somme’ versée par l’offenseur. Quant à la somme, elle dépend de l’accord entre les deux parties. Ensuite, la victime doit être soignée jusqu’à la fin de la thérapie et d’autre partie, l’offenseur sera pénalisé en fonction de jugement de conseil de droit coutumier. Ce principe se fonde sur une expression locale « luka ta siphat, darah ta sukat » qui signifie on mesure tous les plaies et tous les gouttes de sang.
Si la victime subit une affection grave ou être handicapé à vie, alors l’offenseur est obligé de supporter une dhiet ‘lourde sanction’. Il s’agit l’offenseur doit céder un buffle comme amende. Néanmoins, si l’offenseur n’a pas de moyen pour payer son amende, le conseil de droit coutumier reprend la table de discussion et délimiter une sanction moins lourde, c’est de céder la victime avec une chèvre. Mais si le coupable n’a pas non plus de moyen de payer son amende, le conseil oblige l’offenseur la moindre sanction, une poule comme amende.
L’autre sanction c’est le devoir du coupable de fournir un plat composé de l’idang bu leuket ‘riz gluant’ et du poulet rôti. Ce plat est une sorte d’hommage à la famille de la victime. Le traitement différent se fait dans la cérémonie, si la victime est issue d’une famille noble, le coupable doit fournir le riz gluant jaune préparé avec le curcuma. Au contraire si la victime est une personne simple, du riz gluant lui sera suffisant.
Après avoir été énoncé, les deux camps exécutent leurs propres devoirs et la cérémonie de peusijuek meulangga est finie par la récitation des prières.
4. Formules de prière
- La récitation de la formule de louanges auprès du prophète.
- La récitation de la sourate Al Maun (trois fois).
- La récitation du 255e verset de la sourate Al Baqarah.
5. Valeurs culturelles
La cérémonie peusijuek meulangga montre que toutes les régions ont leur propre connaissance traditionnelle pour mettre fin un conflit qui implique les membres d’une société. La réalisation de la cérémonie sert à :
- Résoudre le conflit selon la manière traditionnelle tradition.
- Aider le gouvernement dans le cadre du rétablissement de l’ordre, en particulier le maintien de l’ordre public afin d’éviter le conflit social.
- Prendre le rôle comme modèle de tolérance auprès de la société.
- Empêcher le conflit à l’avenir.
(Hatib Abdul Kadir/1/01-08)
(Arya Seta/ter/5/10-08)
Bibliographie :
Pertama, Tokoh GAM Pidato Bahasa Indonesia, Jawa Pos, Mercredi, 16 août 2006.
Peusijuek, Upacara Perdamaian Khas Aceh, Kompas, Jeudi, 26 août 2006.
Upacara Peusijuek, Hasil Lokakarya Adat dan Budaya, Lhokseumawe, 8-10 janvier 1988.
Notes :
DI/TII (Darul Islam/Tentara Islam Indonesia) est un mouvement répandu en quelques provinces d’Indonésie dans les années 50 désirant établir un pays islamique.
GAM (Gerakan Aceh Merdeka) est un abrégé d’un mouvement pour Aceh libre. Comme son organisation prédécesseur, ce dernier désirant également de séparer de la république indonésienne et puis établir un nouveau pays islamique.
MSA (Mission de Surveillance à Aceh) est une mission conduite par l’Union européenne ayant le responsable de superviser le respect du mémorandum d’entente d’Helsinki le 15 août 2005.
Read : 14.736 time(s).
Insert your comment here :