Le bateau de Sandeq qui se marginalise de temps en temps
1. Présentation générale
Le mandar est seule tribu maritime de l`archipel indonésien dont le territoire se situe géographiquement au bord de la mer insulaire. La mer insulaire se définit de manière métaphorique comme leur arrière-cour. Dès que leur réveil, les bruits de la mer viennent leur oreille et le souffle du vent de mer touche leur peau. Comme le dit Durkheim, lutte pour la survie, la situation géographique qui entoure les Mandar leur impose à s`adapter, à lutter pour gagner la vie et à établir leur culture.
Pour les Mandar, prendre la mer est une sorte de l`unité de soi avec la mer. La mer est leur champ de vie et le champ où ils établissent leur identité. Gagner la vie en mer en effectuant le pêcheur n`est pas un métier ordinaire pour les Mandar parce qu`ils savent bien comment agir et s`adapter au changement qui se déroulent dans la mer. C`est pourquoi, on peut attester ce que a dit Christian Pelras dans son livre intitulé Les Bugis (2006), Les Mandar sont les marins par excellence, ils ne disparaissent et ne se perdent jamais dans la mer.
La relation entre les Mandar et la mer a engendré un système de connaissance maritime, on peut citer les termes : paissangang asumombalang (naviguer), paissangang aposasiang (maritime), paissangang paalopiang (relatif au bateau) et paissangang (le monde spirituel). Ils manifestent leur connaissance en rumpon autrement dit roppong et sandeq. Le rumpon est un moyen traditionnel de la capture de poisson qui est fabriqué des matériaux naturels et non polluants tels que les feuilles de cocotier et de l`algue. Tandis que le sandeq est un bateau à balancier typique de Mandar. On peut classifier celui-ci en moyen de transport rapide (même le plus rapide dans le territoire austronésien) et non polluant.
Ce bateau est fabriqué de bois. Il semble fragile, mais l`histoire atteste que celui-ci est capable de naviguer aisément la mer. La coque dont la longueur est de 7 à 11 mètres et la largeur est de 60 à 80 centimètres, est équipée d`un pair de balancier de bambou permettant de le stabiliser. Comme le propulseur, ce bateau compte sur le souffle du vent, alors une voile triangulaire est dressée sur un mât. Cette propulsion vélique permet le bateau d`attendre la vitesse de 20 nœuds. Sa vitesse maximale dépasse celle de bateau à propulsion de moteur tels que le katinting, le kapal, et le bodi-bodi.
Le sandeq résiste à la force du vent et à la force de vague de l`eau lors de la chasse à un groupe de petit thon en migration. Les Mandar l`utilise également à installer le rumpon à la saison de pondre des œufs de l`exocet (motangnga).
D`après Horst H Liebner, un chercheur allemand de sandeq a déclaré que rien de bateau traditionnel aussi rapide et agile que le sandeq. Ce bateau est le plus rapide du territoire austronésien. Bien qu`il semble fragile, auparavant les marins de Mandar à bord étaient capable de traverser le détroit de Makassar et ils allaient jusqu`à l`est, plus précisément, à Ternate et Tidore, les villes de producteur d`épices de l`époque. Et puis les Mandar vendaient de l`épice à Makassar (Kompas Online, 7 septembre 2007).
Malheureusement, l`évolution de temps ne tient compte plus à propos de l`existence de sandeq. Au milieu des années 90, les Mandar se sont mis à adopter la technologie moderne (dans ce cas l`adoption de moteur) au motif de l`efficacité lors de la chasse et la simplicité de la navigation (masagung.multiply.com). Au résultat, peu à peu on l`a abandonné. De peur que cette situation se prolonge, en 1995 Leibner a organisé une course de sandeq à l`objectif de conservation un vestige maritime de Mandar en voie de disparition. La course de sandeq a pour objectif d`enseigner les jeunes marins de Mandar à connaître le courant de l`eau, le vent et à effectuer les rites concernant le sandeq (masagung.multiply.com). Dans cette course, se présente l`aptitude des Pasandeq (équipiers de sandeq) à se déplacer de l`un balancier à l`autre pour stabiliser le bateau lorsque celui-ci s`accélère et tourne (Kompas, 2007).
Si l`on recours à l`histoire de sandeq, on peut savoir que la course de sandeq a été organisé il y a bien longtemps lorsque les pêcheurs ne pouvaient pas prendre la mer du à la perturbation atmosphérique. Autrefois, en attendant le beau temps à naviguer la mer de nouveau on organisent la course de sandeq. L`autre objectif était de débarrasser la lassitude et faire revenir le courage des équipiers qui n`ont pas pris al mer.
La course de sandeq manifeste l`importance du bateau aux yeux des Mandar sur le plan social et économioque. Dans le domaine économique, le sandeq sert de moyen de transport des marchandises qu`utilise les Mandar pour stocker les marchés de la zone côtière de Majene à Mamuju. Comme la rapidité de livraison joue un rôle considérable dans la conquête de marché acheteur, les propriétaires engagent les pasandeq spécialisé pouvant conduire rapidement le sandeq. Dans ce point on peut tirer l`importance de la course de sandeq.
D`après l`explication ci-dessus, on peut conclure que le sandeq est un vestige traditionnel inestimable de Mandar au résultat de leur compréhension de la nature de manière sage. Le sandeq illustre les caractères des Mandar tels que : l`équilibre, la simplicité, la beauté, la vitesse l`exactitude et la puissance. C`est ainsi on ne peut pas chanter la chanson traditionnelle nenek moyangku seorang pelaut `mes ancêtres étaient les marins` à condition qu`on le conserve.
2. Matériaux et outils
Le matériau principal du sandeq est le vieux bois que les habitants disent « kanduruang mamea » dont le caractère est fort et a de grand diamètre. Quant aux outils nécessaires dans la construction de sandeq, on classifie en deux, ceux de la recherche des matériaux et ceux de la construction :
- Pendant la recherche de matériaux, on utilise la hache, la pioche en bois, le hachoir. Au cours de l`évolution de temps on utilise même le passenso (la machine à scier).
- Pendant la construction de bateau, on utilise le rabot de bois, la scie, la drille, etc.
L`exécution du travail est divisée en deux : dans la forêt, les travaux sont confié à la main de charpentier tandis que sur la plage le panrita lopi `spécialiste de bateau` est chargé des travaux du site.
3. Moment approprié
Dans la construction de sandeq, il est fondamental de déterminer le début de la disposition des matériaux pour éviter la période dite « mauvaise ». On utilise les anciens règles ou le potika pour déterminer les la période dite « bonne ». En générale, on abat l`arbre en pleine lune ou le quinzième jour du calendrier musulman. Quant au moment le plus approprié pour le sciage de bois est au matin lorsque le vent souffle doucement. Ces signes naturels sont désignés comme « ussul » qui signifie un espoir des constructeurs que le bateau ait la vitesse et porte la fortune abondant (Muhammad Ridwan Alimuddin, 2007).
4. Construction de bateau
En principe, on peut classifier la construction du sandeq en quatre étapes : la préparation d`outils, le découpage de bois, la construction du calon parahu ou le balakang (la partie postérieure) et la construction de bateau. Les étapes de construction sont recueillies d`un texte rédigé par Muhammad Ridwan Alimuddin (2007).
a. Préparation
Voici les actions que l`on fait dans cette étape.
- Chercher l`arbre adéquat à la construction de bateau.
- Déterminer le moment d`abattage de bois. En générale, on le fait au matin du quinzième jour du calendrier musulman.
- Préparer les outils d`abattage (la hache, la pioche en bois, le hachoir) et ceux de la construction (le rabot, la scie et la drille).
- Contacter les spécialistes.
b. Abattage de bois
Le processus suivant révèle l`abattage et le débitage de bois :
- Un jour avant l`abattage, le charpentier et le spécialiste de bateau viennent sur le site d`abattage pour « voir » l`arbre. Dans ce cas, « voir » signifie débarrasser les obstacles spirituelles qui pourraient perturber une suite complet de la construction. Parfois ils portent le repas qu`ils mangent mais aussi consacré au gardien de l`arbre.
- Après avoir fait un rite de nettoyage, ils rentrent chez eux et y reviennent le jour suivant.
- Le jour suivant, les hommes impliqués à la construction arrivent sur le site d`abattage en portant tous les outils nécessaires.
- Sur le site ils observent la situation naturelle telle que la souffle du vent et le rayon matinal du soleil. Cette observation se lie étroitement à la croyance des Mandar sur la fortune. Le lever du soleil manifeste la fortune abondante et le souffle du vent représente la vitesse du futur bateau. Ainsi, ils commencent l`abattage quand le soleil brille et le vent souffle assez fort.
- On met les outils sous l`arbre.
- Le spécialiste de sandeq se met debout face à l`arbre en prenant la direction du sud en prononçant des formules.
- En prononçant les formules, le spécialiste touche l`arbre.

On caresse l`arbre kanduruang mamea avant d`être battu
- Après la lecture des formules, il lève sa tête observant le tout d`arbre.
- Ensuite, il caresse l`arbre afin de celui-ci « se prête à être abattu ».
- Après avoir lu les autres formules et communiqué au gardien de l`arbre, il fait un abattage initial. Il frappe l`arbre trois fois et récupère le débris de sciage.
- Il lance la moitié de débris récupéré à la direction vers laquelle il voudrait l`arbre tombe.
- On gardé le reste de débris.
- Et puis le scieur peut accéder à l`abattage. La façon de tomber du bois peut indiquer le caractère de bateau. Si le bois tombe de manière rebondi, il est présumé que le bateau s`accélère rapidement et porte la fortune à la propriétaire.

Le scieur est en train d`abattre l`arbre

Le spécialiste récupère les restes de bois qui aurait abattu. Il les utilise pour caresse le bois abattu
- Après avoir caressé le bois, le spécialiste mâche les restes de bois.
- Enfin on peut accéder à l`étape suivant, la fabrication du balakang (la coque de bateau).
c. Fabrication du balakang (la coque de bateau)
Cette étape comprend la mesure et le tranchage de bois.
- Le bois qui est tombé par terre est débité de longueur de 7 à 12 brasses. On choisit la partie inférieure du bois étant forte et bien flottante comme la proue de bateau.

La fabrication de la coque
- On hache finement la partie supérieure du bois (la face qui donne sur le ciel) en utilisant le passenso. Auparavant, on le fait avec la hache.
- Le bois dont la surface est aplatie est réglé. Ce traçage sert à indiquer la limite lors de tranchage. On tranche avec la pioche en bois, la hache et le hachoir.
- Après le tranchage, on a une coque rudimentaire ou le balakang que la forme ressemble à un mortier à riz.
- Avant de transporter le balakang vers le site de construction situé près de plage, le charpentier demande symboliquement l`autorisation de la part du bois abandonné (le bois non utilisé). Cette demande se fait en faisant un contact entre le bois abandonné et le bois utilisé.
- Et enfin on transport le balakang vers la maison du propriété.

On amène le balakang vers la plage
d. Construction de bateau
Celle-ci est la dernière étape de la construction de sandeq. Voici les processus.
- D`abord, il faut assurer que le balakang soit vraiment sèche, ensuite on l`amène chez le spécialiste de bateau (en générale on le transporte en bateau) et le pose dans le battilang (l`atelier de construction de bateau qui est, en générale, se trouve dans le zone côtier).
- Puis on attache le pallayarang ou le mât principal et le tambera ou le cordage dormant qui tient le pallayarang. Et puis on attache le sobal ou la voile, le guling ou le gouvernail, le palatto ou le balancier, le baratang et le tadiq.
- À la fin de l`assemblage du tadiq, le sandeq est prêt à naviguer la mer, mais il faut d`abord que l`on fasse une cérémonie de lancement.
(Le détail de la construction est en train de recherche)
5. Formules magiques
Non seulement une aptitude technique, la construction de sandeq exige également une capacité spirituelle. On peut voir des actes spirituels autour de la construction. Voici les actes.
- Le récit de formule de nettoyage qui se fait autour de l`arbre que l`on va abattre.
- Le récit de formule de adoucissement de tronc de l`arbre
- Le récit de formule de demande de l`autorisation de la part de l`esprit-gardien de la forêt.
- Le récit de formule de disposition de la part de l`esprit-gardien de l`arbre.
- Le récit de formule de transportation du balakang dehors la forêt.
(Les formules sont en train de recherche)
6. Valeurs
Le sandeq non seulement un vestige hérité d`ancêtres des Mandar, mais aussi une représentation de caractères des Mandar eux-mêmes. Si on traite attentivement les caractères de sandeq, on découvrira des valeurs qui s`implantent au sein de la société de Mandar. Ces valeurs sont présentées ci-dessous.
La première est la valeur religieuse qui s`illustre par les rites spirituels effectués pendant la construction. La construction de sandeq est le moyen des Mandar d`exprimer leur système de croyance. Leur croyance à l`égard d`esprit qui demeure dans un endroit a formé un système religieux qui est typique. Leur croyance se manifeste par le récit de formules de demande de l`autorisation ou l`offrande destinés à l`ésprit-gardien qui demeure dans l`arbre. Même pendant la construction de sandeq qui est plein de rites, on peut découvrir les valeurs religieuses des Mandar. Pour les chercheurs qui s`intéressent à l`étude de système de la croyance aborigène, celui de Mandar serait un terrain de recherche intéressant.
La deuxième est la valeur culturelle. L`existence de sandeq est le fruit d`effort que ont fait les Mandar à la réponse de la situation géographique qui les entoure. Le courant vif et le fond profond de détroit de Makassar ont inspiré les Mandar de crée un bateau de coque hydrodynamique ayant une voile triangulaire et un paire de balancier. Le résultat, non seulement un bateau permettant de croiser la mer violente de manière stable, mais aussi permettant d`accélérer rapidement et même naviguer jusqu`à l`étranger.
La troisième est l`identité. Le sandeq montre les caractères des Mandar. Par exemple : le pallayarang `mât principal` comme la source de propulsion symbolise les efforts des Mandar pour réaliser leur rêve, il s`agit d`une prospérité collective. Les Mandar sont obligés de faire des efforts afin d`atteindre leur rêve. Les efforts des Mandar qui doivent s`accorder au principe de l`équilibre afin de ne pas rater des avantages sont symbolisés par le tambera (le cordage dormant qui tient le pallayarang). Ce cordage tient le mât principal afin d`être stable. Le caractère fort et stable doit s`allier au caractère souple afin de pouvoir avancer aisément. La voile triangulaire de bateau comprend le caractère souple, persévérant, honnête des Mandar. Le guling `gouvernail` représente le caractère prompt de décider quelque chose. Le palatto `balancier`, le baratang et le tadiq symbolisent la balance, la défense et la vision lointaine à propos de futur. Tous les caractères se fondent sur la nature pur et honnête qui s`illustre à la couleur blanche. En outre cette couleur représente aussi un caractère ouvert des Mandar à la réponse de l`évolution de temps comme le dit une expression locale « ibannang pute meloq dicinggaq meloq dilago lango ».
Les trois valeurs ci-dessus montrent que le sandeq est un produit de la connaissance locale et une identité des Mandar. En se fondant sur ceci, il faut se précipiter à la conservation de sandeq pour que les Mandar puissent être fiers de leur identité. Néanmoins, la conservation physique de sandeq en négligeant ses valeurs conceptuelles ne suffira pas, il faut restaurer celles-ci pour que les Mandar peuvent dire « nenek moyangku seorang pelaut » (Ahmad Salehudin/bdy/30/05-08).
Traduit par Arya Seta (3/09-08)
Bibliographie et sites de référence :
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- Anonymat, <http://polewalimandarkab.go.id/index.php?jenis=content&id=229> (6 mai 2008).
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- Anonymat, ”Perahu Sandeq Masyarakat Mandar Terancam Punah,” Kompas, 15 avril 2006.
- Christian Pelras, Manusia Bugis, Nalar, Jakarta, 2006.
- ”Dihantam Ombak, Perahu Sandeq Kembali ke Jayapura,” <http://64.203.71.11/kompas-cetak/> (6 mai 2008).
- Halim HD, ”Melacak Format Strategi Kebudayaan Mandar,” <http://www.freelists.org> (6 mai 2008).
- http://masagung.multiply.com (6 mai 2008).
- Muhammad Ridwan Alimuddin dan Awaluddin, “Menyambut Sandeq di Losari….”, <http://www.panyingkul.com> (6 mai 2008).
- Muhammad Ridwan Alimuddin, Orang Mandar-Orang Laut: Kebudayaan Bahari Mandar Mengarungi Gelombang Perubahan Zaman, Kepustakaan Populer Gramedia (KPG) & Yayasan Adikarya IKAPI, 2005.
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- Reny Sri Ayu Taslim, “Nelayan Majene Bertahan dengan Sandeq,” dans Kompas, 10 avril 2003.
- Ridwan Alimuddin, “Apalah Arti sebuah Nama (Perahu)?” dans <www.panyingkul.com>, (6 mai 2008).
- “Sandeq Race 2007 dan Kisah Penculikan Pangeran Bali,” <http://www.antara.co.id> (6 mai 2008).
- Image : Muhammad Ridwan Alimuddin
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