Saturday, 18 April 2026   |   Saturday, 1 Dzulqaidah 1447 H
Visiteurs en ligne : 0
aujourd hui : 5.320
Hier : 25.133
La semaine dernière, : 249.242
Le mois dernier : 101.098.282
Vous êtes le visiteur numéro 105.216.314
Sejak 01 Muharam 1428
( 20 Januari 2007 )
IMAGE GALLERY
AGENDA
  • No data available

 

Malay Culture

Uis Neno et Uis Fah, les dieux de la tribu Dawan, Nusa Tenggara Est


Tribu de Dawan lors de rite de Hamis Batar

A. Origine

La Dawan est celle de la plus grande tribu qui réside la partie occidentale de l’île de Timor plus précisément autour de la montagne Mutis. D’après la chronique historique, elle est venue de la région de Belu Sud en particulier de Wewiku et Wehali. C’est de cette région que la tribu s’est mise à se propager vers la partie occidentale de l’île de Timor toute entière. Généalogiquement les Dawan appartiennent dans le groupe proto-malais car leurs ancêtres qui occupaient la région de Belu se classifient dans le même groupe (Sawu, 2004 : 13-14).

La classification de la tribu au groupe de peuples malais est soutenue par la tradition orale de la plupart des habitants de Nusa Tenggara Est qui approuve le berceau ses ancêtres qui étaient à l’autre côté de l’océan. À l’île de Timor on connaît le mythe de Sina Mutin Malakkan racontant la migration de leurs ancêtres vers le pays actuel. Il y a des milliers d’années, quatre tribus (hutun rai hat) quittèrent le pays du mythe Sina Mutin Malakkan vers l’Est. À leur débarquement sur l’île de Flores (qui composent l’actuelle province de Nusa Tenggara Est), ils s’installèrent à Larantuka-Bauboin qui e trouve à la partie orientale de l’île. Ensuite ils formèrent une habitation et un système de gouvernement. On croit que les rois de Larantuka autrefois et la plupart des habitants de la côte de Larantuka étaient et sont leur descendant (Taum, 1997 : 4-6). 


Habitation des Dawan au piémont de la montagne Mutis

La zone de dispersion des Dawan couvre l’ensemble du département de Timor Tengah Sud, Timor Tengah Utara, Oekusi (actuellement fait partie de la République démocratique de Timor Est). Plus particulièrement, ils habitent le département de Kupang Daratan comprenant la ville de Kupang, Bolok, Sumlili, Kelapa Lima, Oesapa, Oesao, Nunkurus, Bipoli, Oetata, Pariti, Kukak, Oehendak Sulamu, Nauwen, Barate, Uwel, Oelbubuk, Kapsali, Soliu, Naikliu, Poanbaum, et Oepoli (Mubyarto, et al. 1991 : 5).

Les Belu, qui habitaient la partie orientale de Nusa Tenggara Est, ont attribué la désignation de dawan pour qualifier leurs voisins installant dans l’arrière-pays (Sawu, 2004 : 13). L’autre thèse suscite d’un linguiste issu de la tribu, Anton Berkanis croit que le mot dawan est dérivé du sanskrit qui signifie « ouest » (Taum, 2008).

L’autre propose différemment. Au lieu de remonter à la racine du mot, Sawu (2004 : 15) implante la signification du mot rawan selon celle de malais en général. Ce mot désigne la situation géographique qui est défavorable (en malais rawan). Autrement dit, les Rawan sont ceux qui habitent une région périlleuse, sèche et infertile. L’île de Timor en particulier la zone d’habitation des Dawan se caractérise par la sécheresse, la grosse quantité de chaux dans le sol, les rochers et le relief vallonné. Ces désavantages ont dispersé des habitations de la zone. Même si le mot rawan est strictement destiné à une signification, il est essentiel de décrire l’environnement des Dawan. À cause de telle situation, ils se déclarent souvent en tant que atoni meto, le terme qui signifie ceux qui habitent dans la terre sèche (atoni : homme, meto : terre ou sec). Ce terme désigne également « montagnards » car, selon l’histoire, les Dawan ou Atoni sont les montagnards dispersés (Mubyarto, 1991 : 131-133).

À propos du plan géographique de l’habitat des Dawan, Fox (dans Taum, 2008) explique en plus de détail que l’île de Timor est l’une des îles périphériques de la chaîne de petite Sonde. Le relief de l’île est composé des montagnes et des plateaux. La terre est composée des terres rouges qui ne permettent pas à la pousse des végétaux inférieures. À la saison de la pluie, la terre absorbe l’eau tandis que à la saison sèche, elle tourne aride. La proportion de la chaux dans le sol influence la source de l’eau qui se trouve davantage dans la zone montagneuse. À cause de cela, l’habitation et l’agriculture se concentrent dans la même zone. L’agriculture des Dawan se caractérise par la culture de maïs et la culture dérobée.

L’île de Timor est dominée par la terre argileuse qui ne conforme généralement pas à l’agriculture. C’est pourquoi les Dawan sont montés vers la montagne car la terre mélangée de la chaux et de l’argile leur permet de faire des activités agricoles. Pour créer un champ de culture, ils pratiquent le coup et le brûlage de la forêt. De cette manière, l’habitation se concentre sur la montagne qui se trouve à l’arrière-pays dont la terre est sèche (Mubyarto, 1991 : 130).

Face à la situation défavorable, les Dawan sont obligés à déterminer une façon de vivre pour assurer leur existence. À cause de leur conception traditionnelle, ils forment la façon de vivre à la base de pensée mystique. Ce phénomène caractérise des sociétés appliquant la structure de pensée traditionnelle partout dans le monde. Van Peursen (1995) classifie ces sociétés dans le groupe ayant la culture mythique. Ce dernier considère que leur existence dépend de pouvoirs extérieurs alors même pour mettre en œuvre leur vie idéale, ils créent des mythes et rites pour contenter les pouvoirs extérieurs. Ils ne sont pas capables de placer les phénomènes naturels dans le domaine séparé. Ils ne savent pas encore distinguer les phénomènes naturels et ceux qui ne le sont pas.

Dans la vie quotidienne, les mythes sont le moyen de présenter les éléments sacrés dans le langage symbolique. Sous l’inspiration d’un mythe l’homme crée son propre cadre de pensée, qui rassemble toutes ses expériences dans la vie, sur lequel il fonde leur vie. Le mythe est alors un récit de modèle pour mener un groupe de personne à un objectif déterminé. Dhavamony (1995 :147) définit le mythe comme la proposition plus élevée de la véritable réalité considérée comme la fondation philosophique de la société traditionnelle.

Chez les Dawan, Dieu, en tant que créateur et sainteté présente dans les concepts de Uis Neno et Uis Pah. Le premier est Dieu du ciel et le deuxième est Dieu de la terre. Ces concepts se matérialisent sous forme du soleil symbolisant Uis Neno et la terre symbolisant Uis Pah. Pour assurer leurs activités, surtout dans le domaine agricole, les Dawan essayent toujours d’harmoniser leur relation auprès de deux Dieux. Par exemple afin de garantir la fertilité de la terre, l’intensité de la pluie, l’assurance de l’attaque de la maladie agricole et la récolte en grand nombre, ils font des rites et cérémonies traditionnelles demandant l’assistance de deux dieux. Par contre lorsque les désastres ravagent la société, ils se rendent compte que leur rapport avec Uis Neno ne montre pas un bon état. Dans le cas de mal récolte, les Dawan considèrent que Uis Pah n’attribue plus la fertilité que toutes les végétations plantées ne pousseront jamais (Tuam, 2008 ; Kieft et Duan, --).

Bien qu’ils adoptent actuellement le christianisme comme le guide spirituel, ils croient et pratiquent toujours leur conception traditionnelle. C’est un phénomène normal car avant la transplantation des religions occidentales, les Dawan avaient un système de croyance hérité de génération en génération de leur ancêtre (Tuam, 2008).

B. Les concept divins des Dawan : Uis Neno et Uis Pah

En dépit de grand nombre de dieu chez eux, les Dawan placent Uis Neno et Uis Pah comme les supérieurs. Les paragraphes suivant les expliquent selon la conception des Dawan.

1. Uis Neno

Uis Neno est Dieu le plus élevé dans le système religieux des Dawan. Littéralement, Uis Neno veut dire « seigneur du jour » qui renvoie la signification à la présence du soleil. Comme le soleil est considéré comme l’objet spatial le plus déterminant au sein de la cosmologie, ils le place dans le plus haut niveau, autrement dit Uis Neno est désigné « le roi du ciel ». Dans le lexique des Dawan, « uis neno » est synonyme de « manas » qui signifie le soleil. La présence de manas assure la vie humaine. Celle-ci existe grâce au manas et par contre elle serait disparu et l’homme n’existerait jamais s’il ne se levait pas (Sawu, 2004).

Comme le rôle de Uis Neno ou Manas est très essentiel, alors il n’est pas étonnant que les Dawan l’attribuent tous les caractères extraordinaires. Selon Sawu (2004 : 105-109) les attributs servent de la reconnaissance des Dawan à l’égard de son pouvoir absolu.

Le premier attribut est apinat ma aklahat. Le apinat signifie littéralement brillant, éclatant et lumineux, tandis que aklahat se réfère au potentiel de ces attributs. Ceux-ci peuvent se déformer en phénomène brûlant. Plus spécifiquement, les Dawan décrit Uis Neno comme un objet qui les favorise par ses caractères (brillant, éclatant, lumineux, chaleureux et sympathique) mais au contraire Uis Neno peut les brûler et même tuer à cause de son caractère (brûlant). En rapportant à la vie réelle par exemple la sécheresse et l’inondation, les Dawan sont persuadés par les pouvoirs divins de Uis Neno.

Le deuxième attribut est amoet ma apaket. L’amoet équivaut à un pouvoir qui crée tous les objets, tandis que apakaet signifie la capacité dans le domaine artistique ; sculpter, peindre, tisser. Dans ce cas les Dawan représentent leur seigneur comme le créateur de l’univers et à la fois l’artiste par excellence.

Le troisième est alikin ma apean. Ce nom implique Uis Neno comme guide de l’homme vers la vie. Dans ce cas, les Dawan considèrent leur Dieu autant que leurs parents qui ont gardé l’embryon humain jusqu’à la naissance de celui-ci. Ils font une analogie de ce rôle avec les mesures que font les poules au seuil de la naissance de ses poussins en faisant fissurer la coquille afin que ceux-ci se délivrent aisément.    

Le quatrième nom est afinit ma anesit. Afinit peut se traduire « plus long » et « plus haut » alors que anesit évoque la notion « plus nombreux » et « plus grand ». Ces deux mots illustrent le pouvoir omnipuissant de Uis Neno. Ce Dieu des Dawan possède d’une capacité de faire toutes sortes d’actions et que personne et rien ne l’égale. En d’autre terme, il est le plus élevé.

Le cinquième est ahaot ma afatis. Cette désignation représente les natures paternelles et maternelles de Uis Neno. Le mot ahaot signifie celui qui comble les besoins matériels humains tandis que afatis se réfère à la bienveillance de Uis Neno auprès des gens dans le domaine tant matériel que immatériel.

Le sixième est aneot ma afamot qui désigne Uis Neno comme protecteur, guide et donneur de grâce. En tant que Dieu le plus puissant, Uis Neno a d’une capacité d’attribuer ou de limiter son rayon solaire. Dans l’optique des Dawan ce pouvoir veut dire tous les bonheurs, malheurs, grâce dépend de Uis Neno. Chez les Dawan, leur Dieu règle l’équilibre de la vie parce que Dieu détient le clé du bien et le mal.

2. Uis Pah

À côté de Dieu du soleil, les Dawan reconnaissent la présence de Dieu de la terre qui est nommé Uis Pah. Malgré la supériorité de Uis Neno, ces Dieux se forment dans l’esprit des Dawan. Cette différence joue son propre rôle et pourtant est inséparable. Dans l’esprit des Dawan, Uis Pah s’appréhende contrairement de Uis Neno, Dieu de la terre est conçu comme le porteur de malheur et de deuil. Comme la réponse, les hommes sont obligés de le contenter en organisant des cérémonies ou des rites. Il est appris comme le veilleur du monde des morts (Pah Nitu) qui se répand dans les lieux non habités tels que la forêt, les rochers, la fontaine, les grands arbres et les montagnes (Taum, 2008).

Les Dawan croient également aux Pah Nitu ‘morts’ parce que ceux-ci sont estimés pour leur rôle de liaison entre l’homme d’un part et Uis Neno et Uis Pah de l’autre part. Tous les rites organisés chez les Dawan impliquent toujours les Pah Nitu car sans leur présence les rites ne seront jamais approuvés (Taum, 2008 ; Kieft et Duan, --).

C. Effet social

Comme explique ci-dessus, les sociétés traditionnelles, telles que les Dawan, effectuent des rites pour établir une relation harmonique avec leur créateur. Les offrandes simples consistant des produits agricoles et celui qui exige des procédures compliqués qui s’effectuent dans les endroits sacrés composent les rites de la société traditionnelle (Dhavamony, 1995 : 168).

Les deux points ci-dessous traiteront les rites que s’effectuent les Dawan au gré des dieux qui détiennent le pouvoir sur eux. Les Dawan en effet possèdent davantage rites mais ce qui ont des rapports significatifs à l’existence des dieux sont le rite de Hamis Batar Hatama Manaik et celui de Fua Pah.

1. Rite de Hamis Batar et Batama Naik

Pour exprimer la gratitude à l’égard de Uis Neno de la récolte de maïs, les Dawan organise un rite de Hamis Batar mené par leur chef coutumier. En langue locale le mot hamis et batar signifie consécutivement « gratitude » et « maïs ». La société est persuadée que la récolte découle de la grâce de Dieu, elle présente alors le meilleur maïs comme offrande à Dieu tout puissant.

Avant d’accéder à la cérémonie tous les chefs de la famille vont à leur champ pour recueillir le meilleur jeune maïs. Puis ils vont à l’endroit où l’organisateur sera choisi le meilleur et le rite aura lieu. Le meilleur maïs parmi les autres se pose sur un troman/tiang agung ‘monument’ fait d’une superposition des pierres entourée des pierres plus petits où l’on pose les restes de maïs. Après avoir comblé l’entourage du troman avec les maïs, le chef coutumier récite une prière espérant les maïs de la société seront utiles. Ensuite on continue par les semailles des graines de maïs dans les champs consacrées à Dieu de la terre, Uis Pah, qui a rendu fertile la terre.

La cérémonie suivante est batar babulun. Il s’agit d’arrachage une plante de maïs entière pour offrande de la cérémonie. Les tiges de maïs arrachées sont portées vers l’habitation, puis posées de manière attachée aux poteaux du troman. Chaque poteau symbolise des choses ; le kalau sarin (poteau symbolisant l’élevage de la vache), le fahi aluk (symbolisant l’élevage du porc) et le fatuk (symbolisant le respect aux vieux et au chef coutumier). Dans le même temps, on organise également la coupe en douze morceaux la tige de maïs. Ces douze morceaux seront présentés au chef coutumier qui déterminera la cérémonie sommet. Cette dernière procédure est appelée batar fohon.

La cérémonie sommet de hamis batar consiste de l’offrande, posé dans les sites sacrés, du meilleur maïs desserré, grillé et puis posé dans le hane matan ‘récipient de mesure du maïs’. Pour le grillage on produit le feu par le frottage d’une pierre rouge et d’une lame de fer avec des parcelles de la tige du palmier à sucre comme le matière combustible. Enfin le grillage sur trois foyers est précédé par la récitation des prières.   

À la suite de la cérémonie de hamis batar, comme la manifestation de la gratitude des Dawan, on accède à la celle de hatama manaik qui sert à compléter les procédures de hamis batar et s’agissant un rite d’offrande de jeune maïs (manaik), est une forme de remerciement de la société consacré au chef coutumier pour sa direction. (Ganggang, 1994).

2. Rite de Fua Pah

Tous les rites des Dawan montrent une allure typique d’une société agraire dépendant leur vie des activités agricoles. Certes vivre sur la terre moins fertile n’est pas avantageux, par conséquent, en organisant des rites, ils essayent d’établir une relation avec le propriétaire de la terre, Uis Pah. Dans la connaissance divine des Dawan, Uis Pah est représenté par les pouvoirs destructifs tels que la tempête, le fléau d’oiseaux, de fourmis et de vipères (Taum, 2008). En organisant le Fua Pah, les Dawam essayent de contenter Uis Pah afin de ne pas laisser libre cours à ses envies destructives, mais au contraire de semer la bonté en laissant le malheur s’éloigne.

Le Fua Pah évoque une tradition typique dans la culture agraire traditionnelle. L’offrande de bétail à Uis Pah s’effectue dans les six cycles des activités agricoles, depuis l’ouverture de champ jusqu’à la récolte et la manifestation de la gratitude à l’égard de Uis Nemo pour le bon résultat. Voici les six cycles : la lef nono/tafek hau ana ‘la déforestation/l’ouverture de champ’, le polo nopo/sifo nopo ‘le brûlage des terres’, la lef boen no’o ‘la plantation’ et la eka ho’e ‘la croissance des plantes’, la tasana mate ‘la première récolte’, la tnibun bola’if ma aen tauf ‘la dernière récolte’ (Taum, 2008).

Néanmoins non tous les bétails peuvent être sacrifiés dans le rite de Fua Pah car les Dawan ont leur propre critère. Chez eux le bœuf, le buffle, le porc et le coq sont les bétails dits officiels à être sacrifiés. Les autres animaux tels que le cheval, le chien, le chat sont exclus de la liste. Sawu (2004 : 84-86) explique les raisons comme le suivant.

Le coq étant petit animal et faisant partie du groupe de volaille est pris en considération grâce à sa qualité. Il est utilisé dans toutes les cérémonies et des rencontres religieux. À propos du sexe, on préfère le coq à la poule. Ensuite le porc, qui est réputé pour le bétail de sacrifice indispensable dans toutes les cérémonies de Dawan, a de poids moyen non trop petit que le coq et trop gros que le bœuf. Les Dawan préfèrent le mâle pour les festins religieux parce que Uis Pah serait déprécié si l’offrande était la femelle. Et enfin le bœuf ou le buffle. Ce grand mammifère a de la valeur considérable aux yeux des Dawan, c’est pour cela que son prix est très élevé donc il est rarement utilisé dans les cérémonies. Et comme les autres bétails d’offrande, le mâle est en priorité.

Dans l’organisation du rite de Fua Pah, ce ne sont que les personnes ayant la capacité exceptionnelle qui peuvent conduire le rite. Les Dawan les appellent le lasi tonis ‘chanteur ayant des pouvoirs magiques et été béni par les dieux’. Celui-ci tient aussi un rôle important dans les autres cérémonies traditionnelles. Dans les villages de Nusa Tenggara Est, ceux qui maîtrisent, comprennent la littérature orale et l’intègrent dans l’esprit sont généralement placés dans le haut rang de la société. Les lasi tonis y sont classé grâce à sa connaissance impeccable et surtout son invention littéraire exceptionnelle. De manière métaphorique, ses paroles ont plus de valeurs que les perles parce qu’elles transmettent la vérité. La littérature orale vit dans l’esprit de la société rurale (Taum, 2008).

Dans le rite de sacrifice auprès de Uis Pah, les lasi tonis prononcent les formules de prière que approvisionne la littérature orale des Dawan. Pour donner une image brève de leur littérature orale, on expose les formules en forme de poème (y inclus la traduction indonésienne) dans la partie suivant.

O i ….

:

O….

Lasa net sen

:

Maksud kami hendak persembahkan

Tonja net sen

:

Tutur kami hendak antarkan

In abo sin

:

Kepada leluhurku semua

An honni

:

Anak kandungmu

An ta‘o

:

Anak ciptaanmu

Neno i

:

Hari ini

Ma leku i, Lol

:

Dan saat ini, kami menyembelih

Naitnan nafuf mese

:

Kami mengambil sehelai bulu

Haef mese

:

Sepotong kaki

Nak‘kluibe neu kit

:

(Kami) arahkan kepada kamu

Na‘nakbe neu kit

:

(Kami) berikan kepada kamu

Es olas I

:

Karena pada saat ini

Nabiku nanen

:

Kami sedang mengerjakan

Ma Na‘nepe nanen

:

Kami sudah lama mengerjakannya

Nane nak ni mak ane

:

Itulah nasi sudah siap

Ma sis hana

:

Dan lauk sudah siap

Es utonim

:

Karena itu saya tuturkan

Ma u‘ latan

:

Dan  (saya) panjatkan

Nbi humak

:

Ke hadapan muka

Ma nbi matak

:

Dan ke depan mata

Hit matam mtisi kit

:

Kita bermata sempurna

Hit humam mtisi kit

:

Kita bermuka lengkap

Mait hit bes lultam

:

Ambillah besi tulis masing-masing

Ma hi bes pakael

:

Dan besi untuk bekerja

Hem pakae nai

:

Supaya mulailah bekerja

Ma hem lul nai

:

Dan mulailah menulis

He hik mik batikim

:

Supaya kami bagi-bagikanlah sendiri

Ma mboa‘ kim

:

Dan pisah-pisahkanlah sendiri

Au ‘baet ka uhin

:

Saya tidak bisa membagi

Ma au boat ka uhin

:

Saya tidak tahu memisahkan

Ma koa ok-oke

:

Undanglah semuanya

Ma bonun ok-oke

:

Sapalah segenapnya

He humam mtisi ki

:

Supaya lengkaplah sekalian

Ma matam mtisi ki

:

Dan menjadi saksilah semuanya

Natuin fin pena

:

Karena bibit jagung

Ma fin ane

:

Dan bibit padi

Tonan nte

:

Tahunnya telah tiba

Tabu nte

:

Musimnya sudah datang

Hen nha‘taen hil poan

:

Untuk menguatkan halaman kita

Taum ma lel abas

:

Tarum dan kebun kapas

Hi lof es mpao neten

:

Karena kamulah yang menjaga bukit

Ma esa mpao kobe

:

Dan menjaga lembah

Neu anin

:

Juga angin

Neu kolo

:

Juga burung

Neu sabuin

:

Juga semut

Ma neu kauna huma

:

Juga ular

Es nbi nifu

:

Juga di kolam

Es nbi pah

:

Juga di bumi

Es Enam Mnasi

:

Juga Ibu Tua

Es Amam Mnasi

:

Juga Bapak Tua

Neu kolo

:

Juga burung

Es anem usi ke mnasi

:

Yang adalah padi dan maharaja

Ho lof es muaib

:

Engkaulah yang melindungi

Ma mupikab

:

Dan menyelamatkan

Ho honi

:

(kami) yang kau kandung

Ma ho ta‘os

:

Dan yang kau ciptakan

Muhike nfaen

:

Peliharalah kembali

Ma mupanen nfaen

:

Selamatkanlah jua

Neu siufa eik kinni

:

Dari arus teluk

Ma tasi eik kinni

:

Dan gelombang lautan

Neu siu‘apun Ini

:

Di tengah teluk

Ma taes apun In

:

Dan di tengah laut

Na sinkun at esna

:

Itulah sarang mereka

Ma sin bael laat es na

:

Dan itulah tempat tinggal mereka

Lofa hen naot then  nsaon

:

Nanti jalannya akan turun

Nsanut tan nbina

:

Turunnya ke sini

Naot tan nbina

:

Jalannya di situ

Nabi I

:

Di sini inilah (tempatnya)

Af‘ja bnaet naen kit

:

Kemarin telah dibagikan untuk kalian

Ma nboa naen kit

:

Dan dipisahkan untuk kamu

Kana-kana

:

Nama-nama (kalian)

Lofa es es

:

Nanti masing-masing(nya)

Mok ho mnahat

:

Akan (mendapatkan) makananmu

Ma mok ho bukael

:

Dan (memperoleh) perbekalanmu

Mok ho oel

:

Akan (mendapatkan) airmu

Ma ho oem ninu

:

Dan (memperoleh) minumanmu

Lasa tuk-tuka le‘I

:

Maksud kami sependek ini

Tonja pal-pala le‘I

:

Tuturan kami sesingkat ini

Thumam mtisi kit

:

Atas nama kita semua

Mata mtisi kit

:

Menjadi saksilah kamu sekalian

Bonunki lek-leko

:

Kami mengundangmu dengan baik

Ma kao‘ki lek-leko

:

Dan kami menyapamu dengan hormat

Es neno I

:

Karena hari inilah

Upoin ulael aen fini

:

Benih padi telah disiapkan

Ma pen fini

:

Dan benih jagung pula

Es poan taum

:

Di kebun tarum

Ma lel abas

:

Dan kebun kapas

Es ta‘naebam

:

Yang mengagungkan

Ma ta latan kit

:

Dan meninggikanmu

Titbe lek-leko

:

Jagalah dia sebaik-baiknya

Mpao be lek-leko

:

Lindungilah dia sebaik-baiknya

He nat kaisa lalisan

:

Mudah-mudahan tidaklah sukar

Ma kaisa babotu

:

Dan tidak menjadi mimpi buruk

He nat fin pena

:

Sehingga benih jagung

Ma fin ane

:

Dan benih padi

Nat bena

:

Tumbuh berkembang menjadi rimbun

Ma nam kauf

:

Dan menghasilkan buah yang banyak

Nane natuin ni

:

Itulah sebabnya

Ena Ama

:

Ibu dan Bapak

Maka lasa esna

:

(Kami) memberi pesan di situ

Ma tonja esna

:

Dan maksud (sesajian) di sini

Lasa ona le‘i

:

Maksud kami hanyalah sekecil ini

Ma tonja ona le‘I

:

Dan tuturan kami hanyalah sesingkat ini

Lasa tuk-tuka le‘I

:

Maksud kami hanyalah sepenggal ini

Ma tonja pal-pale le‘I

:

Dan tuturan kami hanyalah sesederhana ini (Taum, 2008).



Au milieu du rite de Fua Pah, le lasi tonis évoque habituellement les esprits d’ancêtre nommés Uis Nitu. Cette évocation a pour but de rendre facile la demande de l’homme auprès de Uis Pah. Les Dawan croient que Uis Nitu qui vit dans le même monde que Uis Pah peut devenir leur intermédiaire, par conséquent ils sont persuadés que en évoquant Uis Nitu, toutes les prières récitées seront approuvées par Uis Pah (Sawu, 2004 : 113).

L’évocation des esprits d’ancêtre englobe une dimension historique. C’est une sorte d’une illustration d’effort de leur ancêtre qui avaient traversé l’océan pour trouver un propre endroit de vivre et un hommage de respect pour ceux qui ont ensuite ouvert une habitation pour le meilleur avenir de ses descendants. Cet effort est enregistré dans la mémoire des Dawan par le moyen du mythe Sina Mutin Malakkan. Les habitants des îles de Timor, Sumba et Flores se souviennent encore le récit racontant le débarquement de leurs ancêtres après avoir parcouru la mer. En rappelant le récit, les Dawan espèrent que les ancêtres seront contents et en échange de cette action là, Uis Nitu donnent de l’assistance pour garder les plantes de la société contre le menace des destructeurs végétales tels que la tempête, les oiseaux, les fourmis et les vipères (Taum, 2008).

Une chose remarquable du poème ci-dessus est la prise en compte Uis Nitu et Uis Neno dans le rite de Fua Pah en outre l’objet de vénération principal, Uis Pah. Cette inclusion marque une relation étroite parmi les trois dieux parce que dans la conception divine des Dawan, les trois dieux sont inséparables. Même si littéralement le rite est nommé Fua Pah qui peut se traduire en « offrande unique auprès de Uis Pah », mais en revanche l’organisation du rite est destiné à respecter les trois dieux (Taum, 2008).

Le rite de Fua Pah possède les valeurs non-mystiques qui sont celles de sociologique. En d’autre terme, Dhavamony (1995 :175-176) a distingué les rôles sociologiques de rite en quatre catégories : magique, religieux, causal et d’intensification. En référant au modèle de Dhavamony, Taum (2008) a prouvé que le rite de Fua Pah a rempli le critère requis. Voici les explications des rôles sociologiques du rite.

  1. Le rôle magique de Fua Pah est lié au sacrifice du rite. Il est évident parce que le sacrifice a pour objectif de deviner l’envie divine (Uis Pah et Uis Neno). La récitation du poème dans le rite de Fua Pah montre un effort humain de négocier avec le pouvoir divin afin de conserver les activités agricoles de la société.
  2. Le rôle religieux, il est clair que le Fua Pah reflète la dimension religieuse de la société. La concomitance qui se répand lors de l’organisation se fait pour un seul but ; au nom de l’intérêt commun de la société. Autrement dit c’est une sorte de l’abandon des Dawan à Uis Neno, le seigneur de l’univers.
  3. Le rôle causal est lié à la motivation des Dawan dans l’effort d’amélioration de la condition de la vie. En offrant des sacrifices, les Dawan considèrent le rite comme la cause de la bonne récolte parce qu’ils contentent les Dieux. Cette façon de pensée s’implante dans l’esprit des Dawan et tourne à leur motivation.
  4. Le rôle d’intensification se concentre dans l’effort des Dawan d’avoir une récolte satisfaisante par la modernisation et l’intensification de la fertilité de la terre. Le rite de Fua Pah est soutenu par une motivation économique, alors pour le réaliser les Dawan prêtent de l’attention à l’intensification agricole. 

(Afthonul Afif/bdy/05/11-08)

Traduit par Arya Seta (17/11-08)

Bibliographie :

  • Dhavamony, Mariasusai, Fenomenologi Agama, Kanisius, Yogyakarta,1995.
  • Ganggang, Usman D., 1994. “Budaya Peninggalan” dans la revue Media Karya, http://www.belukab.go.id/index2.php?option=isi&task=view&id=14&pop=1&page=0 (19 octobre 2008).
  • Kieft, Johan, and Marthen Duan, Atoni Cosmovisions In Agriculture In Timor, http://www.compasnet.org/afbeeldingen/Books/Food%20for%20Thought/fft_10.pdf  (23 octobre 2008).
  • Mubyarto, dkk., Etos kerja dan Kohesi Sosial Masyarakat Sumba, Rote, Sabu dan Timor Propinsi Nusa Tenggara Timur, P3PK UGM, Yogyakarta, 1991.
  • Sawu, Andreas Tifa, Di Bawah Naungan Gunung Mutis, Penerbit Nusa Indah, Flores, 2004.
  • Taum, Yoseph Yapi, Kisah Wato Wele-Lia Nurat dans Tradisi Puisi Lisan Flores Timur. (Préface de Achadiati Ikram), Yayasan Obor Indonesia dan Yayasan Asosiasi Tradisi Lisan, Jakarta, 1997.
  • Taum, Yoseph Yapi, 2008. Tradisi Fua Pah: Ritus dan Mitos Agraris Masyarakat Dawan di Timor, Institute of Indonesia Tenggara Studies, Nusa Tenggara Timur, http://www.ntt-academia.org/WP4-Pah-Antoni-Timor-2008.pdf (23 octobre 2008).
  • Van Peursen, Strategi Kebudayaan. Kanisius, Yogyakarta, 1995.

Images :

  • http://www.atambua-ntt.go.idSosial.htm (les Dawan dans le rite de Hamis Batar)
  • http://picasaweb.google.com (mont Mutis)
Read : 16.263 time(s).

Insert your comment here :

Please login to comment

Please login with your email and password, if you currently not registered, please register with link provided.

 Registered member please login
Email
Password