Les gens transportent une dépouille mortelle
1. Origine
Pour les Banjar, la mort ne signifie pas seulement une question de séparation d‘âme du corps d‘un être humain, mais aussi un événement sacré qui marque le passage d‘un âme vers autre monde, le monde au-delà. La mort n‘est pas la fin d‘un cycle de vie de quelqu‘un, mais au contraire c‘est le début d‘une autre vie. Il est donc semble normale que tout le monde prépare les besoins du/de la défunt/e. En d‘autres termes, la mort nécessite des provisions spirituelles pour faciliter la vie suivante. La mise en disposition des provisions spirituelles dépend de la foi et les pratiques religieuses de la personne.
Les pratiques religieuses des Banjar leur permettent d‘assurer leur vie dans le monde au-delà. On peut noter deux exemples, ceux qui lisent la formule de tahlil ‘les premiers termes de la profession de foi‘ à 70 000 reprises seront sauvés du feu du purgatoire. Puis la multiplication de l‘aumône donnée aux pauvres et les études de soufisme garantiront leur future vie. Ces mesures spirituelles sont aussi appelées sangu tuha (provision spirituelle pour les jours qui suivent) ou sangu akhirat (provision spirituelle pour la vie de l‘au-delà). Daud ajoute d‘autre exemple ; la famille du/de la défunt/e donnera ses ustensiles favoris à ceux qui sont chargés à son lavage. Cette donation se fonde sur la doctrine disant que tous les biens hérités fourniront des bénéfices spirituels à ceux qui les donnent (Daud, 1997 : 290-294). Les autres bienfaisances, qui proposent une meilleur vie de l‘au-delà, effectuées par les Banjar sont nombreux.
À l‘exception des préparatifs spirituels, les Banjar font également celui de physique concernant la cérémonie funéraire. Ce préparatif couvre l‘acquisition de toile de linceul, la fouille de la fosse, la cotisation pour financer la cérémonie et la sélection des ustensiles favoris du/de la défunt/e légués à ceux qui sont tendus leur mains dans la cérémonie. Ce préparatif montre clairement une sorte de relation sociale des Banjar.
L‘interprétation de la mort d‘une personne couvre non seulement son domaine spirituel mais aussi ses domaines culturels et sociaux. La disparition du/de la défunt/e en tant que membre d‘une société provoque la « déstabilisation » de la situation sociale, la cérémonie sert alors comme le moyen pour la rendre en état normale.
Les gens interprètent la cérémonie funéraire comme leur moyen de rendre hommage le/la défunt/e qui prend son passage vers monde de l‘au-delà. Cette interprétation se voit par les participations des gens ; à l‘ultime hommage devant la dépouille mortelle, à l‘anniversaire de la mort, au lavage du corps, au préparatif de la fosse, à l‘enterrement et à la récitation des prières de la mort. La cérémonie funéraire se définit donc comme un événement mélangé entre le domaine sacré et social. Pour mettre en relief le mélange entre la sacralité et la vie sociale, cet article tente de décrire tous les événements qui sont liés à la mort de quelqu‘un tels que les préparatifs de l‘obsèques, les obsèques, les rites après-obsèques.
2. Outils de la cérémonie
Les outils nécessaires de la cérémonie sont :
- Des ustensiles du lavage de corps tels que un lit, récipient d‘eau, puisette et produits de toilette.
- Un appui-corps dans la fosse. On le fait à base de sol de la fosse formé à mesure d‘un poing d‘adulte. Cet appui-corps sert à appuyer la position du corps afin de prendre toujours la direction de l‘ouest (la ville sainte, La Mec). Il compte cinq et chacun se purifie par la sourate d‘Al-Qadr.
- Une bière de mort. Ce brancard sert à transporter la mort de la maison vers le cimetière.

Une bière de mort
- Une fosse de dimension appropriée à la taille du corps mort.
- Un tabala ou coffre du corps mort. Ce type de cercueil sert à enterrer une mort dans une fosse se trouvant dans la terre marécageuse.
3. Moment et lieu de la cérémonie
La cérémonie funéraire se déroule depuis la maison du/de la défunt/e jusqu‘au cimetière où l‘enterrement s‘effectue. L‘enterrement commence généralement vers 14h00 ou 16h00. En cas de décès qui est arrivé après midi, la famille du/de la défunt/e le déroulera le lendemain. Cet ajournement donne occasion aux autres membres de la famille pour rendre hommage directement.

En attendant l‘enterrement
4. La cérémonie
Cet article ne traite pas seulement la cérémonie funéraire au sens strict du point de vue de l‘enterrement, mais aussi les autres événements qui se déroulent avant et après l‘obsèques parce que la cérémonie est considérée comme ensemble de tous les procédés qui s‘enchaînent de l‘initial jusqu‘à la fin. On peut alors distinguer la cérémonie funéraire en plusieurs étapes qui sont :
a. Avant le décès
Ceux qui sont âgés, souffrent d‘une maladie chronique depuis longtemps et sont en état physique très faible, sont considérés comme les mourants. Dans ce cas là, les membres de la famille du/de la mourant/e y viennent tour à tour. Les proches le/la prennent soin et le/la veillent successivement jusqu‘à sa mort.
En général, la personne malade/le mourant recevra des visites tant des proches que des collègues. Les personnes qui se rendent visite le/la malade apportent des fruits ou de la nourriture comme cadeau. La famille de la personne malade donne des boissons et des friandises comme une sorte d‘hospitalité. Si la visite se fait par un religieux, celui-ci, soit à la demande de la famille soit à son propre souci, guidera la personne malade afin de pouvoir réciter la phrase lâ ilâha illa-llâh. Cette récitation est très importante chez les Musulmans parce qu‘on veut que cette phrase soit les derniers mots à dire. Autre fait religieux concernant les visiteurs est la lecture de la sourate de Ya sîn à côté de la personne malade. Cette lecture est considéré comme important afin d‘accélérer le destin du/de la malade ; que sa vie se finit par la mort ou continue.
b. La veillé du corps
Lorsqu‘une personne est bien définie mort, ses proches débarrassent tous les linges mis par le mort, ferment les yeux du mort, mettent les deux mains au dessus de la poitrine ressemblant la position de la prière, installent du mort de telle manière que son corps antérieur porte vers la Mecque, couvrent son corps avec des linges posés à plusieurs couches. La nouvelle de mort se répand depuis les proches aux personnalités de la communauté par l‘intermédiaire des voisins. Cette propagation de nouvelle est également effectuée par sonneur de bedug de la mosquée. Le son particulier de bedug fait savoir tous les habitants qu‘il y a un deuil dans leur communauté. Une fois que la nouvelle de mort est perçue, les habitants cessent de continuer leur activité et se précipitent d‘aller chez le mort (Daud, 1997 : 289).
Les compatissants qui viennent présenter leurs condoléances portent parfois des nourritures. Certains prennent place à côté du corps pour réciter le Coran en particulier la sourate de Ya sîn. Autres compatissants qui n‘expriment que leur condoléances s‘installent dehors la maison et joignent avec les autres en attendant l‘inhumation. En général, l‘enterrement débute vers 14h00. La famille du mort offre des boissons et des friandises pour les compatissants.

Les compatissants sont offerts des boissons et des friandises)
Si la famille du mort décide de l‘enterrer le jour qui suit, elle doit veiller le corps toute la nuit. Le corps doit être toujours en surveillance pour empêcher les faits inattendus tels que le saut d‘un chat par-dessus le corps. Ce dernier fait est très indésirable parce que selon la croyance locale, un corps sauté d‘un chat peut se réveiller, au sens de revivre. En attendant le corps, les « veilleurs » récitent les versets du Coran pour compléter les bienfaits du mort. Les proches récitent également des sourates telles que Yâ sin, Al Ikhlas, Al-Mulk (Daud, 1997 : 289).
En attendant l‘enterrement, les proches du mort se réunissent pour discuter le lieu de repose, les personnes qui participeront à la purification de la dépouille mortelle et les derniers mots du mort. L‘auteur a écrit à l‘initial de l‘article que les Banjar sont conscients à propos des affaires du rite funéraire telles que les outils du rite, le dernier lieu de repose et la somme dépensée. Concernant ces dernières, la discussion porte sur les dernières volontés du mort.
c. La purification et la mise au linceul du corps
Avant l‘inhumation, les proches du mort et ceux qui sont habitués à laver le corps faire la purification du corps du défunt et la mise au linceul du corps. Les « laveurs ou laveuses » doivent conformer au sexe de la personne morte. Un défunt lavé par les hommes et un corps féminin lavé par les femmes. Une exception pour un corps d‘enfant, ce sont les femmes qui le lavent négligeant le sexe de l‘enfant mort. Le nombre de « laveurs ou laveuses » doit être impair (soit 3, 5 ou 7 personnes) (Daud, 1997 : 292-293; Departemen Pendidikan dan Kebudayaan, 1981 : 246-247; Gufron, http://uun-halimah.blogspot.com). Dans cette purification, l‘enfant, le père ou la mère est obligé(e) de faire mamiradu, c‘est de nettoyer les organes génitaux et l‘anus du mort (Daud, 1997 : 292).

Les compatissants sont en attente l‘inhumation
Ceux qui ne participent pas à la purification du corps sont chargés de préparer de l‘eau de purification. Il y a deux façons pour en avoir : prendre de l‘eau d‘un puits ou en canaliser d‘une rivière. Les points suivants expliquent l‘enchaînement des procédés pendant la purification du corps.
- Après que le préparatif soit complet – l‘eau de purification et les personnes chargés à la purification sont là – on peut commencer la purification par la mise au banc de bois du défunt. On met un appui d‘un tronc de bananier sous sa tête. Au cours de temps, on n‘utilise de moins en moins les outils traditionnels en les remplaçant avec les outils les plus modernes. Ces derniers sont préparés par une fondation qui s‘occupe d‘enterrement. La purification du corps a lieu dans une salle close du public ou devant la maison entouré une étoffe pour couvrir le corps de vue public. Il est interdit de la faire derrière la maison (par exemple dans la cuisine et les parties postérieures de la maison).
- On étend une étoffe blanche au-dessus du corps de la personne décédée. Cette étendue ne couvre pas le visage et les pieds du mort.
- Ensuite l‘enfant, le père ou la mère du de la défunt(e) ou la personne purificatrice fait sortir les matières fécales restants au sein du corps en massant le ventre de la personne morte. Puis, une fois que les matières fécales soient dehors du corps, la personne purificatrice nettoie l‘anus du/de la défunt(e) avec la main gauche couvert d‘un linge blanc. Ce procédé est nommé avec le terme d‘islam, istinja.
- Après le nettoyage des organes génitaux et le sexe du corps, on peut accéder à la purification générale par le savonnage de corps. Ce procédé se fait plusieurs fois jusqu‘à ce que le corps soit considéré propre. Il est, en d‘autre terme, appelé mandi kubal.
- Puis on fait des ablutions de la même manière comme ceux qui font la prière en lavant son visage, ses mains jusqu‘aux poignets, essuyant ses cheveux et lavant les pieds jusqu‘aux chevilles. Avant de commencer ces ablutions tous les « laveurs » doivent réciter dans le cœur la formulation de l‘intention pour des ablutions comme s‘ils font des ablutions eux-mêmes.
- Pour rendre parfumé le corps, on arrose la banyu bidara ‘de l‘eau mélangée des feuilles de bidara‘, puis on verse de l‘eau fraîche pour chasser les feuilles collées sur le corps. On douche le corps, enfin, avec de l‘eau mélangée des camphres.
- Pendant que le corps est lavé, les autres préparent des nécessaires de toilette. On découpe du cotonnier et réduit un morceau de bois de cendana en poudre.
- Après des ablutions humides, le corps se sèche avec une serviette et est transporté vers un lit pour la mise au linceul. Les nécessaires de toilette sont déjà prêts lors de la purification était en cours.
- Ensuite on applique la poudre de cendana sur le visage de la dépouille mortelle et on couvre tous les orifices avec du cotonnier saupoudré de la poudre de cendana.
- On emballe totalement le corps avec le linceul de sorte que toutes les parties de corps, sauf le visage, soient couvertes. L‘emballage doit se fait de manière attentive, pour rendre facile le détachement des liens antérieur et postérieur du corps juste avant d‘enterrement. Le corps masculin est emballé à trois couches d‘étoffe et avec des couvertures spéciales pour couvrir symboliquement l‘aurat ‘parties du corps interdit à être dévoilées‘. Le corps féminin, quant à lui, est emballé de deux couches d‘étoffe plus d‘une couverture de la partie antérieure du corps et une pour couvrir celle de postérieure du corps.
- Avant de couvrir le visage du corps, un religieux écrit avec son doigt la phrase « lâ ilâha illa-llâh » sur le sourcil de la personne morte. D‘après Daud, en citant le livre Kitab Perukunan Abdurrahman, dit que cette phrase sert à marquer lors du jour du jugement dernier si le mort est bien le fidèle de Mahomet (1997 : 294).
- La dépouille mortelle est prête à passer la prière funéraire effectuée par les proches et les autres compatissants.
d. La prière funéraire (salat jenazah)
La dépouille mortelle emballée dans un linceul est maintenant prête à passer le procédé suivant, la prière funéraire. On la transporte dans une salle préparée ou dans un lieu de culte. Avant l‘arrivé de la dépouille mortelle dans le lieu de la prière (une mosquée ou un petite mosquée), les compatissants prient généralement sous la direction d‘un alim ‘religieux‘. Mais parfois ils se réunissent pour participer à la prière funéraire après que la dépouille mortelle soit placée dans le lieu de prière. Les points suivants exposent les procédés de la prière funéraire.
- La prière funéraire peut débuter lorsque la dépouille mortelle dont la tête s‘oriente vers le nord est posée sur un siège allongé. Comme la prière funéraire doit être faite en commun, elle est dirigée d‘un imam et suivie par au minimum 40 makmum fidèles. Le nombre de fidèles désigne la croyance des Banjar disant que Dieu exaucera au moins une prière des 40 fidèles. Par conséquent, si le nombre de fidèle n‘atteint pas 40 personnes, la famille du mort cherche plus d‘hommes pour remplir la condition requise. Elle invite souvent les habitants de la communauté en leur donnant une telle somme de l‘argent à l‘échange de leur participation.
- Le religieux qui a l‘habitude de diriger une prière funéraire se met devant les fidèles en tant que imam de la prière. La position de l‘imam dépend du sexe de la dépouille mortelle. Si la personne décédée était un homme l‘imam se met devant la tête du mort, si elle était une femme l‘imam se met devant la taille de la mort.
- L‘imam peut commencer la prière funéraire. Celle-ci est tout à fait différente aux autres prières qui se composent des plusieurs rakah (prosternation) parce que la prière funéraire ne conditionne que quatre takbir ‘prononciation de la formule « Allahu-Akbar »‘ sans prosternation. Dans chaque takbir, il y a des formules et prières que l‘imam doit réciter, après le premier takbir, l‘imam récite la sourate al-fatiha ; après le deuxième, il récite la formule de salawat ; après le troisième, il récite une prière pour le/la mort(e) ; et enfin il récite une prière pour la famille du/de la mort(e). Cette prière s‘achève par la salutation finale toujours en étant débout.
- Après la prière, la personne morte est prête pour l‘enterrement dans le cimetière.

La prière funéraire accompagne le départ de la dépouille mortelle
e. L‘inhumation
L‘inhumation se fait après la prière funéraire. La règle se présente dans les points ci-dessous.
- Premièrement on met la dépouille mortelle en bière de mort
- La bière de mort est couverte d‘une étoffe de batik et d‘une étoffe spéciale préparée pour couvrir le brancard. Cette dernière étoffe est au couleur vert brodée des phrases arabes telles que « lâ ilâha illa-llâh muhammad rasûlu-llâhi », ou « innalillahi wa inna illahi rajiun ». On garnit également la partie supérieure du brancard avec un kambang barenteng ‘collier de fleurs‘.
- La bière de mort est transportée par plusieurs personnes vers le cimetière. Avant de quitter la maison, un des proches murmure le défunt de « prendre le dernier regard à la maison et à ses descendants » et de « ne plus leur mémoriser ». Si le défunt a des enfants mineurs, ces derniers doivent traverser par-dessous du brancard. Cet acte est fait pour éviter, d‘après la foi des Banjar, la maladie qui peut attraper les descendants à cause de la mémoire du défunt. Dans l‘autre cas, si le défunt est un personnage digne au sein de la communauté, les gens vont se battre pour la transporter de sorte que la bière de mort paraisse marcher sur un chemin de main.

Avant de quitter la maison, un des proches murmure la dépouille mortelle de regarder pour
la dernière fois son demeure. Dans cette occasion, les enfants mineurs
du défunt doivent traverser par-dessous le brancard à trois reprises.
- Le brancard va en direction de cimetière. En générale il est transporté tour à tour.

On transporte la bière de mort tour à tour
- À l‘arrivée dans le cimetière, on descend tout de suite la dépouille mortelle dans la fosse.

On descend la dépouille mortelle
- On pose le cadavre dans la fosse avec le visage dirigé vers la Mecque.

On dévoile l‘étoffe qui couvre le visage du défunt et le dirige vers la Mecque.
- Pendant que l‘on descend le cadavre dans la fosse, quelques autres étale l‘étoffe verte brodée d‘une écriture arabe. Lorsque le cadavre est bien posé selon la règle, on comble la fosse avec la récitation de la sourate de yâ sin dirigée d‘un religieux.

On étale l‘étoffe vert (image gauche), tandis que les proches portent des fleurs pour arroser sur la tombe du défunt.
- On met deux bois tombaux étalés l‘un et l‘autre 1 mètre de distance. L‘érection de ces deux bois serait inutile si la famille disposait une stèle.

Le comblement de la fosse (image gauche) un bois tombale (image droite)
- Ensuite, un religieux s‘assied à côté de la tombe sur une natte et arrose l‘eau depuis la partie supérieure à l‘antérieure.
- Le religieux continue son tâche en récitant la prière de talkin ‘formule de guide pour le défunt afin de pouvoir répondre les question des anges dans le monde au-delà‘. La récitation de talkin se termine par la formule disant que Dieu pardonne tous les péchés du défunt et que celui-ci soit placé au meilleur endroit de son côté et que la famille du défunt soit réconfortée et ait de la prospérité. La prière de talkin et la formule de fermeture sont récitées en arabe. Lorsque la prière est récitée, les compatissants s‘accroupissent ou s‘asseyent en tailleur.
- Après la récitation de la prière de talkin, les proches du défunt arrosent les fleurs et banyu yasin ‘eau récitée de la sourate de yâ sin‘ au dessus de la tombe.

Les membres de la famille arrose les fleurs et de la banyu yasin au dessus de la tombe
- Les parties principales du rite se terminent ici et tous les compatissants rentrent chez eux. La famille du défunt apprécie les travaux de ceux qui participent activement aux rites funéraires par la donation des biens privés du défunt tels que les vêtements ou de l‘argent.
f. La récitation de Coran au cimetière
Après l‘enterrement de la dépouille mortelle, il y a parfois un autre rite que font les Banjar. Une heure après la talkin ‘lecture de formules pour le défunt‘ et le retour des compatissants, la famille du défunt organise une autre lecture de Coran à côté de la tombe. La récompense divine de la lecture, dit-on, sera assignée au défunt. Cette lecture de plusieurs personnes peut varier en terme de durée. Il y en a qui l‘organise seulement au premier jour après la mort du défunt. En terme local, on parle également de maniga hari ou lecture de trois jours consécutifs, mais ce rite peut être prolongé jusqu‘au le septième voire le quarantième jour, compté à partir du jour de la mort du défunt.
À part de la lecture de Coran, les Banjar font également la penjagaan kuburan ‘surveillance de tombe‘. Selon Daud (1997 : 296-297) la surveillance de tombe se fait pour le cas exceptionnel qui est lié à la grossesse. Il s‘agit pour les corps des femmes décédées suite d‘un accouchement et un bébé mort lors d‘un accouchement. Pour ce dernier il faut surveiller sa tombe trois jours consécutifs pour que l‘on ne la creuse pas et vole le cadavre.
5. Valeurs culturelles
Le rite funéraire et ses procédés qui gravitent autour du rituel sont la manifestation des Banjar auprès des valeurs de la culture banjar. En outre il a pour fonction de conserver, reproduire les valeurs sociales particulières. Celles-ci sont :
La valeur religieuse. La mort, pour les Banjar, n‘est pas la fin d‘un cercle de vie, mais c‘est une porte liant la vie réelle à une nouvelle vie. Par conséquent, chacun doit être prêt spirituellement afin de pouvoir accéder aisément à la vie suivante. Les formes de bienfaits telles que la récitation de tahlil à 70 000 reprises et la multiplication de charité peuvent remplir la religiosité de quelqu‘un. L‘organisation de tel rituel peut être considérée comme la manifestation de fidélité de quelqu‘un à l‘égard de leur créateur qu‘il croit comme le tout puissant.
Les valeurs religieuses se manifestent également lors de traitement du corps du défunt. L‘ordre de traitement, la purification du corps, l‘emballage du corps et la prière pour le mort, reflète la conviction des Banjar à l‘égard de doctrines de l‘islam. Des pratiques symboliques sont présentes. Le nombre impair des personnes qui participent à la purification du corps, la position de l‘imam ‘dirigeant de la prière‘ doit s‘aligner à la tête du défunt et à la taille de la défunte, les enfants non majeurs doivent passer sous le cercueil de son père, la récitation des formules religieuses pour un défunt dans la fosse, sont les pratiques que l‘on ne peut pas avoir la réponse de manière rationnelle. Ces pratiques constituent un système de symbole qui lie étroitement à la façon de perception de l‘islam par rapport à la culture locale.
La deuxième est la solidarité. L‘organisation du rite funéraire montre la solidarité sociale qui vit et se développe au sein de la société de la communauté de Banjar. S‘il y a une personne étant malade que l‘on prédit son mort est inévitable dans les moments proches, les membres de la communauté vont y rendre visite, comme s‘ils peuvent sentir la souffrance de la personne malade. En cas de décès de la personne malade, ils cessent volontairement de leur travail et en plus, ils apportent de tous ce qu‘il faut pour le rite tels que des matières alimentaires. Les valeurs de solidarité peuvent être constatées dans les procédés du rite depuis la purification du corps, l‘emballage du corps et la prière pour le défunt et dans les activités autour du rite telles que l‘approvisionnement des matières alimentaires et la préparation des aliments pour les invités. Il est donc évident que la mort de quelqu‘un peut éveiller la solidarité sociale qui peut au moins soulager la souffrance de la société.
Et la troisième est hommage à la mort. Le rite funéraire est une manifestation du sentiment de respect envers de la mort et de l‘humanité. Les traitements autour du rite tels que la visite lors des derniers moments, la mise en position du corps étalé du nord au sud, la purification de manière très détaillée, l‘emballage complet en toile de linceul, la prière pour le mort avec au moins 40 personnes de fidèles, le transport du mort vers cimetière par les membres de la communauté de manière successive, etc. manifestent un témoignage de respect auprès du mort. En plus, tous ces procédés servent à distinguer le statut de l‘homme de l‘autre création de Dieu.
6. Conclusion
Le rite funéraire chez les Banjar se trouve dans un domaine entassant des éléments transcendantaux et profanes et on aurait du mal de séparer ces deux éléments. D‘une part, le fait de prendre part aux souffrances d‘autrui, de manifester de la sympathie pour la famille du mort n‘est qu‘un fait social habituel et d‘autre part, ce fait gagne sa sacralité lorsque le fait d‘assister un rite funéraire se fonde sur des récompenses de Dieu à souhait.
Cet événement est devenu un pot de communication pour les Banjar. Ils se voient, s‘échangent des nouvelles et se partagent des informations. La présence de nombreux compatissants pourrait reconstruire l‘état d‘esprit et remonter le moral de la famille du mort. À cause de l‘importance du rituel, la communauté l‘a institutionnalisé depuis. Lorsque le rituel est institutionnalisé et les procédés sont façonnés dans l‘esprit de la communauté, il peut déclencher la formation de la solidarité sociale.
Bibliographie :
- Abdul Djebar Hapip, 1977, Kamus Banjar-Indonesia, Jakarta: Pusat Pembinaan dan Pengembangan Bahasa, Departemen Pendidikan dan Kebudayaan.
- Alfani Daud, 1997, Islam dan Masyarakat Banjar: Deskripsi dan Analisa Kebudayaan Banjar, Jakarta: PT Raja Grafindo Persada.
- Departemen Pendidikan dan Kebudayaan, 1981, Adat-Istiadat Daerah Kalimantan Selatan, Jakarta: Proyek penelitian dan Pencatatan Kebudayaan Daerah Departemen Pendidikan dan Kebudayaan.
- Gufron, Upacara Kematian pada Masyarakat Banjar (Kalimantan Selatan), dans <http://uun-halimah.blogspot.com/2008/06/upacara-kematian-pada-masyarakat-banjar.html> consulté le 7 janvier 2009.
(Ahmad Salehudin/bdy/40/02-09)
Traduction de l‘indonésien par Arya Seta (2/04-09)
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