Tabot, cérémonie commémorative de la province de Bengkulu, Indonésie
1. Origine de tabot
Le tabot est une cérémonie, que font les habitants de Bengkulu, pour commémorer la mort tragique le petit-fils du prophète Mahomet, Husein bin Ali bin Abi Thalib, lors d‘une bataille contre les troupes de Ubaidillah bin Zaid au désert de Karbala, Irak le 10 muharram 61 de l‘Hégire (681 après. J.-C.). Cette cérémonie se tient pendant dix jours, du 1 au 10 muharram au calendrier musulman. Le but essentiel de la cérémonie est de commémorer les efforts des dirigeants chiites de récupérer les morceaux de corps de l‘imam Husein, les escorter et inhumer sa dépouille mortelle au désert de Karbala.
Le terme « tabot » est tiré du mot arabe « tabut » qui signifie littéralement boîte en bois ou coffre en bois. Dans le coran, on apprend que le terme tabot signifie un coffre où l‘on garde la torah, le livre sacré des Juifs. Autrefois, les Juifs ont cru que la fortune leur est arrivée si leur dirigeant tient le tabot, et au contraire le malheur tomberait sur eux s‘ils n‘ont pas gardé le coffre sacré.
Il n‘y a aucunes notes écrites documentant le commencement de la cérémonie à Bengkulu qui nous permet de nous procurer des informations. Néanmoins, on présume certainement que c‘étaient les ouvriers du fort de Marlborough, appartenant à la compagnie anglaise des Indes orientales, à Bengkulu qui ont importé ce rite commémoratif des Chiites. Ces ouvriers étaient les habitants chiites qui sont faits venus, par les Anglais, de la région de Madras (actuellement Chennai) et Bengali, à l‘est de l‘Inde.
Les ouvriers, présidé par Imam Senggolo alias Syekh Burhanuddin, qui se sont sentis à l‘aise avec la situation sociale de Bengkulu ont décidé d‘y rester et d‘établir une nouvelle habitation qui s‘appelait Berkas, et aujourd‘hui est connu sous nom Kelurahan Tengah Padang. Ils ont confié cette tradition à leurs descendants qui se sont assimilés avec les autochtones. De cette assimilation, on connaît alors les gens de Sipai.
Dans une certaine période de passé, cette commémoration de deuil s‘était éparpillé à Painan, Padang, Pariaman, Maninjau, Meulaboh, Pidie, Singkil et Banda Aceh. Mais au cours des années, le tabot qui s‘était répandu hors de Bengkulu a subi une inertie. Et à la fin, il n‘y avait que deux régions où le tabot a pu gagner son existence. C‘était à Bengkulu sous le nom de tabot et à Pariaman (entré dans la région en 1831) sous nom de tabuik. À l‘essentiel, ces deux sont identiques, mais ses mises en place qui sont diffèrent l‘un et l‘autre.
Si au commencement, le tabot était consacré à Husein bin Ali bin Abi Thalib par les Chiites, alors depuis que les Sipai ne tenaient plus les doctrines de chiisme, ces derniers considèrent la cérémonie comme le devoir familial obligatoirement effectué auprès de leur ancêtres. Au cours ces dernières années, on organise également cette cérémonie dans le cadre de promotion de rôle des Sipai dans le cadre de développement et restauration de culture indigène dans ce cas celle de Bengkulu.

(Le flottage de tabuik en mer, à Pariaman, Sumatra Ouest)
La situation socioculturelle de la société aurait pu provoquer la distinction de la mise en place de tabot. Par exemple à Bengkulu, on compte jusqu‘à 17 tabot (coffre) manifesté pendant la cérémonie. Ces coffres illustrent le nombre initial des familles qui a effectué le tabot pour la première fois. Tandis que à Pariaman, on ne voit que deux sortes de tabot (ou en langue de Pariaman « tabuik ») ; tabuik subarang et tabuik pasa. Quant à l‘endroit de jet, Bengkulu se différencie de Pariaman. À l‘initial, les deux régions ont jeté leur tabot en mer. Mais au cours de temps, les habitants de Bengkulu jet le tabot en terre marécageuse près du cimetière public connu sous nom de Karbela que les gens de quartier la considère comme la cimetière qui abrite la tombe d‘Imam Senggolo ou Syekh Burhanuddin.
Récemment, les critiques viennent des couches sociales à propos de l‘organisation actuelle de tabot. L‘essentiel des critiques est la mise en accent sur l‘évolution de la fonction de cérémonie de tabot qui était un événement religieux qui s‘est métamorphosé en fête culturelle commune. C‘est à cause de la réalité que les organisateurs actuels de tabot sont les non Chiites. La disparition des valeurs rituelles s‘est aggravée depuis le lancement de programme appelé le tabot pembangunan ‘tabot pour la promotion‘. Ce programme est organisé par l‘état et présente le grand nombre de tabot (coffre).
2. Objets de la cérémonie
Dans l‘organisation de rite de tabot, les objets suivant sont indispensables, sans lesquels le rite perd son sens.
-Tabot
Les matériaux nécessaires pour fabriquer le coffre de tabot sont : le bambou, le rotin, le carton-pâte, le papier de mar-mar, le papier de grip, la corde, le ciseau à bois, la papeterie, les lampes décoratives, les fleurs en papier, les fleurs en plastique. En considérant les matériaux, le chiffre approximatif de la fabrication touche de 5 à 15 million de rupiah.
-Offrande
Les ingrédients nécessaires pour la confection de l‘offrande sont le riz gluant, la banane emas, la canne à sucre, le gingembre, le sucre de palme, le sucre, le coco, le poulet, la viande, les assaisonnements, la résine de benjoin, etc.
-Instruments de musique
Les instruments plus courant utilisés dans le rite de tabot sont le dol et le tessa. Le dol est fabriqué d‘un tronc de bois creusé dont la section de haut est couverte d‘une peau de bœuf. Il ressemble à un bedug ‘gros tambour‘. Le diamètre du dol est de 70 à 125 cm et le battoir mesure 5 cm de diamètre et 30 cm de longueur. C‘est un instrument qu‘on joue en le battant. Quant au tessa, il a une forme qui ressemble à un tambourin, dont la caisse cylindrique est de métal. Autre manière de fabrication, est en profitant un poêle en faïence dont le cylindre est couvert d‘une membrane de peau de chèvre séchée.
-Autres objets
Les autres objets nécessaires dans un coffre de tabot sont : le drapeau bicolore rouge et blanc de dimension moyenne y inclus la hampe, les drapeaux d‘emblèmes en couleur bleue ou verte ayant une dimension plus grande que le drapeau bicolore rouge et blanc, le drapeau blanc, la lance à deux pointes sur laquelle est pendu une maquette de l‘épée de prophète Mahomet, épée zulfikar.
3. Mise en place de tabot
Voici les prescriptions de tabot,
a. Mengambik tanah (ramasser la terre)
La terre présumée contenir le pouvoir magique est indispensable pendant le rite, il faut donc la ramasser d‘un site sacré. À Bengkulu, il y a deux sites sacrés, celui de Keramat Tapak Paderi qui est près de la mer pas loin de la fort Marlborough à côté de la port Bengkulu et celui de Keramat Anggut qui se situé au cimetière publique Pasar Tebek près de la statue Hamilton non loin de la plage Nala. Ce rite est débuté le 1 muharram vers 22h00.
La terre ramassée est formée comme le corps humain puis ensevelie de kafan ‘une pièce de toile‘ et enfin cette fausse dépouille mortelle est posée dans le gerga (centre d‘activité de groupe de tabot). Il y a seulement deux gerga à Bengkulu, celui de Berkas et celui de Bangsal. Comme ces deux édifices sont anciens, ils ont subi d‘un projet de restauration.
Dans les deux centres d‘activités, on pose d‘une offrande qui est composé d‘un bol de bouillie rouge et blanche, un morceau de sucre de palme sept feuilles de bétel, sept cigarette de nipah, un verre de café noir, un verre de serbat (boisson chaude préparée de gingembre), un verre de dadih (lait de vache pur), un verre d‘eau de cendana et un verre d‘eau de basilic.
b. Duduk penja (laver le penja)
Le penja est un objet soit en argent, en cuivre, et en bronze ayant la forme de la paume et ses doigts. C‘est pourquoi on en appelle aussi le jari-jari littéralement « des doigts ». Selon une famille du groupe de Sipai, le penja est un objet sacré qui possède un pouvoir magique. Ainsi qu‘il doit être lavé avec l‘eau de citron tous les ans. On effectue ce rite au cinquième jour du mois muharram (en calendrier musulman), vers 16h00.
Pour effectuer ce rite on a besoin de l‘eau de fleur, l‘eau de citron, l‘offrande et certes le penja. L‘offrande est composée d‘une assiettée du nasi kebuli ‘riz préparé des épices, du lait de coco et garni de différents mets‘, une assiettée du chips de riz, une main de banane emas, une tranchée de tebung, un verre du café noir, une verre de serobat et une verre du lait caillé.
c. Menjara (venir pour concurrencer)
Le menjara est effectué en se rendant chez l‘autre groupe pour faire disputer le dol d‘un groupe avec celui de l‘autre. Le dol est une sorte de tambour traditionnel, fabriqué d‘une caisse cylindrique de bois dont les fonds sont formés d‘une peau de vache tendue.
On fait cette activité le 6 et 7 muharram depuis 20h00 jusqu‘à 23h00. Le 6 muharram, le groupe de tabot bangsal se rend visite l‘autre groupe, tabot barkas, et le jour suivant c‘est le dernier qui se rend visite le groupe de tabot bangsal. Ce rite est effectué sur une espace ouverte disposée par le groupe d‘hôte.
d. Meradai (collecter de fonds)
Il s‘agit d‘une collection du fonds effectuée par le jola (en langue malaise ce terme se réfère aux enfants de 10 à 12 ans ayant une responsabilité de collecter du fonds pour les activités communales). On effectue ce rite toute la journée le 6 muharram à partir de 07h00 du matin jusqu‘à 17h00 du soir. Généralement, les deux groupes de tabot font d‘abord un accord sur la zone de collection du fonds.
Pendant la collection du fonds, les jola sont obligé d‘apporter du drapeau de groupe, du sac « kambut », du sac de jute et le tessa.
e. Arak penja (escorter le penja)
Ce rite a pour but d‘escorter du penja posé dans le tabot en traversant des rues principales de la ville de Bengkulu. Il est débuté le 8e jour du mois de muharram vers 19h00 et s‘achève 21h00.
Comme les autres rites, celui-ci a besoin d‘une offrande qui est composée d‘une assiettée du nasi kebuli, un verre de café noir, un verre de l‘eau de serobat, un omelette, et sept assiettée de différents mets.
f. Arak seroban (escorter le turban)
Cette activité, qui est effectué le 9e jour du mois muharram et débute 19h00 jusqu‘à 21h00, ressemble en fait à celui d‘arak penja, mais cette fois-ci on ajoute le turban blanc que l‘on pose au-dessus de petit tabot « tabot coki ». Ce petit tabot est muni de drapeau blanc, vert et bleu et sur lequel est écrit de belle calligraphie arabe le nom de « Hasan et Husain ».
Par référence au nom de l‘activité, le tabot et le turban sont les outils importants, on peut également ajouter une étoffe particulière et le tabot cuki ‘trône‘.
g. Gam (période de calme)
C‘est l‘une des prescriptions obligatoires dans la cérémonie de tabot. Le gam est le période de calme où l‘on est privé de faire des activités. Le mot « gam » qui est issu du mot « ghum » signifie couvert ou coincé. Le 9 muharram est le période de gam qui commence de 07h00 du matin jusqu‘à 16h00 du soir. Pendant ce période-là, il est interdit de résonner les instruments de tabot comme le dol et le tessa. Ainsi un période de calme.
h. Arak gedang (grande colonne)
Le du 9 muharram vers 19h00, on fait un rite de dégagement du tabot besanding qui s‘effectue dans le gerga ‘centre d‘activités du groupe‘. Ensuite les groupes font la marche de leur gerga en prenant la route déterminée. Plus tard les groupes se rassemblent et forment une grande colonne. Cette colonne est remplie de gens parce que toutes les supporters de tabot tant les groupes, les supporters du groupe que les citoyens simples y participent. Vers 20h00 le rite s‘achève. Et à la fin du rite, tous les tabot et les groupes de divertissement se réunissent sur la place Merdeka, Bengkulu (aujourd‘hui on l‘appelle la place de la Province). On pose, en terme locale « disandingkan », les tabot en ligne sur un rang. Et c‘est ainsi les gens locaux appelle ce rite « tabot besanding ».
L‘outil principal dans cette prescription est la charrette. Celle-ci est utilisée pour déplacer le tabot de son gerga vers la place de rassemblement.
i. Tabot tebuang (flottage de tabot)
La dernière activité de la série de prescriptions de tabot est le tabot tebuang ‘flottage de tabot‘ que l‘on effectue le 10 muharram. À 09h00, tous les tabot sont disposés sur la place Merdeka et ils se posent ensemble la soirée précédente. Pendant ce temps-là, le groupe de divertissement est là pour divertir le monde qui présente sur la place. Vers 11h00, le défilé de tabot accède vers Padang Jati et prend la route vers le terminus, le cimetière Karabela. Essentiellement, le flottage de tabot se déroule dans ce cimetière, car c‘est ici que repose la tombe de l‘initiateur de rite de tabot, Imam Senggolo (Syekh Burhanuddin).
Vers 12h30 le rite se clôture. Comme le rite est considéré comme sacré par les habitants, c‘est seulement le plus vieux sorcier de tabot qui a le droit de diriger le rite. Ensuite le tabot est flotté dans le marécage qui se trouve tout près de cimetière. À 13h30 le rite s‘achève entièrement et marque la fin de toutes les séries des prescriptions.

Dispute de tabot (Tabuik) à Pariaman, Sumatra Ouest
4. Formules de prière
Toutes les activités de tabot sont toujours précédées d‘une prononciation de basmalah ‘prière de commencement‘ et les autres formules. Parmi les formules sont :
- Prière des morts
- Prière de grâces de pardon pour les Musulmans décédés
- Prière de tasbih
- Prière de ulul ‘azmi
- Prière de wasilah
5. Valeurs
On peut tirer au moins trois valeurs qui enrichissent la cérémonie de tabot, la première est la valeur religieuse, deuxième est celle d‘histoire et la dernière est la valeur sociale. L‘activité qui manifeste la valeur religieuse est le mengambik tanah. Elle rappelle les gens de se souvenir toujours au créateur. Puis, grâce à la déviation de la règle musulmane, à cause de l‘usage des formules magiques et celles de coran dans l‘activité de mengambik tanah, ce phénomène manifeste que la spiritualité est toujours basée sur les valeurs traditionnelles ou locales. La troisième, le rite marque la célébration de nouvel an du calendrier musulman.
Sur le plan historique, le rite est en fait a été lieu pour commémorer le petit-fils du prophète Mahomet, Husein bin Abi Thalib qui a péri au désert de Karbala. Il signifie aussi un sentiment hostile auprès de la famille d‘Umayyah en général et en particulier auprès de Yazid bin Muawiyyah, le calife issu de la famille d‘Umayyah qui a gouverné le territoire musulman de l‘époque, et auprès du gouverneur Ubaidillah bin Ziyad, qui a commandé le raid contre Husain bin ‘Ali et ses troupes. Tandis que sur le plan social, le rite rappelle les gens de ne pas profiter tous les mauvais moyens pour atteindre à un pouvoir et figure également une préoccupation sociale.
À partir de la cérémonie de tabot, on peut tirer davantage des valeurs de sagesse et en profiter pour construire une meilleure vie, mais au contraire si on agit indifféremment la cérémonie de tabot perdra ses valeurs et ne deviendra qu‘un festival sans aucune valeur. La festivité sera bien animée mais d‘autre part aucune signification.
(Ahmad Salehudin/bdy/1/ 09-07)
Traducteur : Arya Seta/1/10-09
Bibliographie et sites de référence :
- Bambang Indarto, Ritual Budaya Tabot Sebagai Media Penyiaran Dakwah Islam di Bengkulu, Skripsi Fakultas Dakwah UIN Sunan Kalijaga Yogyakarta, 2006.
- Direktorat Sejarah dan Nilai Tradisional Depdikbud, “Upacara Tabot : Upacara Tradisional Daerah Bengkulu di Kotamadya Bengkulu”, 1991/1992.
- Harian Rakyat Bengkulu, “Tugu Tabot Tak Boleh Dibongkar!” http://harianrakyatbengkulu.com/mod.php?mod=publisher&op= viewarticle&artid=3343&PHPSESSID=f22e7340233d8c310de350a567e81c09. (28 août 2007)
- Kompas, “Dan, Tabot Sakral Itu Pun Patah...” http://www.kompas.com/kompas-cetak/0602/15/humaniora/2438531.htm (28 août 2007)
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