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Opini

25 maret 2009 05:29

L`intégration de l`ASEAN bute sur les frontières

Après cinq ans de pourparlers, l`Indonésie et Singapour ont mis un terme à un vieux conflit frontalier. Mais si les autres litiges de cette nature ne sont pas réglés dans la région, ils freineront la formation d`une vaste communauté sud-est asiatique.

On se souvient des tensions qui ont éclaté entre les militaires thaïlandais et cambodgiens autour du temple de Preah Vihear sur la frontière de ces deux pays. Ou encore de l`Indonésie et de la Malaisie qui ont bien failli entrer en guerre au sujet des territoires maritimes entourant les îles d`Ambalat, à Kalimantan-Est. La récente signature à Jakarta d`un accord entre l`Indonésie et Singapour portant sur le segment maritime ouest (autour de l`île de Nipah) représente une avancée considérable dans ce dossier des conflits frontaliers entre les pays membres de l`ASEAN (Association des nations de l`Asie du Sud-Est regroupant le Vietnam, le Cambodge, le Laos, le Myanmar, les Philippines, la Thaïlande, la Malaisie, Brunei, Singapour et l`Indonésie).

L`ASEAN s`est fixé le cap de 2015 pour devenir une communauté soudée, mais elle n`a pas suffisamment pris en compte les contentieux frontaliers qu`elle considère trop souvent comme relevant des relations bilatérales. Or les faits montrent que nombre de ces conflits impliquent plus de deux pays, comme c`est le cas pour les îles Spratly dans la mer de Chine méridionale revendiquées par la Chine, le Vietnam, Brunei, la Malaisie, les Philippines et Taïwan. Dans le plan de sécurité politique communautaire de l`ASEAN (APSC) 2009-2015, aucune mention n`est faite du règlement de ces litiges frontaliers. Il est toutefois indiqué que l`ASEAN se renforcera grâce à une collaboration plus étroite, à davantage de respect mutuel et de prises de responsabilité, ceci afin d`éviter que les contentieux frontaliers ne dégénèrent en conflits armés.

La souveraineté territoriale constitue un problème très sensible. Aucun pays n`accepte de gaieté de cœur de céder un morceau de son territoire. Et pourtant toute mise sur pied d`une communauté nécessite "le sacrifice" de chacun de ses membres qui doit apprendre à partager une partie de ses prérogatives pour les fondre dans des valeurs communes. Les documents de l`ASEAN ne proposent aucune solution concrète à ces contentieux. La route vers une communauté soudée des pays de l`Asie du Sud-Est est donc encore longue.

Lors de la signature de l`accord avec Singapour le 10 mars, le ministre des Affaires étrangères indonésien, Hassan Wirajuda, a déclaré que le règlement du conflit territorial entre l`Indonésie et le Vietnam, par exemple, avait pris trente ans. Celui entre Singapour et l`Indonésie pour le segment maritime ouest a nécessité, lui, cinq ans de pourparlers. Quant à celui entre l`Indonésie et la Malaisie pour les îles Sipadan et Ligitan (au nord de Bornéo), c`est la Cour internationale de justice de La Haye qui a tranché au bout de huit ans. Plusieurs recours internationaux existent, dont la convention du droit de la mer des Nations unies. Mais la manière dont Singapour et l`Indonésie sont parvenus à un accord bilatéral sans aucune intervention extérieure pourrait servir de modèle à l`avenir pour les autres membres de l`ASEAN.

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Traduit par Courrier international

Rakaryan Sukarjaputra (Kompas)

Source: http://www.courrierinternational.com (Courrier International)
Photo: http://www.rfi.fr


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