1. Sa vie
Siti Ruhana Kudus, qui est d‘origine de Minangkabau, est première femme journaliste des Indes néerlandaises (Indonésie). Elle est très connue grâce à ses efforts pour améliorer la condition de la femme.
Née à Kotogadang, Agam, Sumatra Ouest le 20 décembre 1884 sous nom de Siti Ruhana, elle a acquis le nom Kudus après avoir épousé Abdul Kudus (Tamar Jaya, 1980 :26). La défenseuse des droits de la femme de Minangkabau est issue de la famille bourgeoise qui constitue l‘une des plus anciennes lignes matrilinéaires, Datuk Dinagari dari Puak Kato. Le père de Ruhana, Muhammad Rasjad Maharadja Sutan est un hoofdjaksa ‘procureur en chef‘, un métier très honoré de l‘époque. Ruhana est la belle sœur de Sutan Sjahrir—lutteur socialiste de l‘époque révolution indonésienne et la première personne à occuper le poste de premier ministre de la République indonésienne—qui se lie par le même père mais de la différente mère (Mrazek, 1996 : 4).
Elle est très proche de son père de sorte que la nomination « Ruhana anak ayah ‘Ruhana fille du père‘ » lui soit attribuée parce que l‘on considère comme la fille adorée du père. Rasjad, son père, joue un rôle décisif dans la formation personnelle et intellectuelle de Ruhana. Il souhaite que sa fille deviendra une femme qui pourra contribuer à la famille et la patrie. Depuis son enfance, elle ne cache pas sa nature révolutionnaire. Elle aime lire des journaux, écrire et broder.
Grâce à la direction de son père, Ruhana maîtrise de manière rapide des nouvelles sciences qu‘elle a appris. Son père fait disponibles tous les moyens d‘apprentissage. Il abonne des journaux et achète des livres qu‘il acquiert de Singapour. Pendant sa vie, elle n‘obtient jamais un enseignement scolaire parce qu‘elle doit suivre son père qui est affecté dans plusieurs villes. En plus, elle doit s‘occuper de ses petites sœurs. Alors Rasjad joue un rôle supplémentaire comme enseignant pour ses enfants.
Lorsqu‘elle suit son père qui travaille à Alahan Panjang, elle obtient tellement de savoir. La famille de Ruhana vit à côté de la maison d‘un procureur, Lebi Rajo nan Sutan qui y habite avec sa femme, Adiesah. Ce couple qui n‘a pas encore d‘enfant joue un rôle important dans la formation de créativité de Ruhana. Cette fille apprend des choses : lire, écrire, tricoter—une capacité distinctive des femmes néerlandaises (Fitriyanti, 2001 : 18). Des journaux qui sont disponibles chez Adiesah sont le menu quotidien de Ruhana, de même que les livres (la littérature, la politique et la loi) de son père. Ainsi la mesure qu‘a pris Ruhana pour acquérir le savoir.
L‘enseignement agréable à Alahan Panjang ne dure que deux ans. Ensuite son père est déplacé à Simpang Tonang Talu à cause de ses comportements très nuisibles à l‘égard de son supérieur. Dans le nouvel terrain d‘expression, Ruhana commence sa carrière en tant que jeune professeur. Son habitude distinctive qui est lire des journaux ou des livres à la voix haute devant le public ou à la terrasse de sa maison et attirera plus tard les attentions d‘enfants pousse son intention de commencer le domaine pédagogique (Hajar NS, 2008 : 186). À l‘initial, sa manière de lire des livres et des journaux à la voix haute et forte attire les gens de l‘approcher et ils lui demandent de les enseigner à lire et à écrire parce qu‘ils ne satisfont pas d‘écouter ce que Ruhana lit. Ils veulent enfin le faire eux-même.
En réalité ce n‘est que son essai d‘attirer les gens, et cela a marché. Elle a une idée d‘organiser un cours prenant place à la terrasse de sa maison, son père répond son idée en fournissant ce qu‘il lui faut pour écrire. Sur la natte, le cours de lecture et d‘écriture commence sous la conduite de Ruhana. Son père même enseigne le cours de moral et de religion.
L‘enseignement qui s‘organise chez Ruhana devient de plus en plus animé. Les petits et les jeunes femmes s‘y entraînent dans une ambiance très agréable. Ruhana enseigne ses écoliers à écrire et à élaborer des récits contenant des formules aphoristiques sous forme de chants. Elle enrichit les matières de cours en ajoutant la lecture et l‘écriture d‘arabe. Ses grandes mères y participent en tant que enseignantes. Tuo Sarimin, sa grande mère donne des leçons de broder et Tuo Sini, la sœur de sa grande mère, anime l‘école urgence en racontant des contes populaires et donnant la leçon de tresser.
Ruhana joue le rôle d‘éducatrice au service de la femme depuis son adolescence jusque l‘âge de 24 ans. Pendant cette période, elle fait des actions progressives pour améliorer la condition des femmes. Sa contribution importante est la fondation de la Sekolah Kerajinan Amai Setia (KAS) à Kotogadang en 1911. KAS est un établissement spécialisé où sont enseignées des aptitudes particulières des femmes. La fondation de l‘école est en fait une réalisation suite de la déclaration de l‘association des artisans d‘Amai Setia le 11 février 1911 à laquelle Ruhana préside. Sous le soin de Ruhana, KAS se développe très bien. Les femmes des hauts fonctionnaires néerlandais s‘intéressent aux œuvres des écoliers de KAS qu‘elles considèrent comme magnifiques et mérites d‘être exportés.
La nouvelle de la réussite de Ruhana se diffuse partout. Alors, on lui offre un billet pour Europe pour participer à une exposition Internationale Tentoonstelling qui se déroule à Bruxelles, Belgique en 1913. C‘est une exposition annuelle d‘artisanat accueillant des participants de plusieurs pays. Elle la considère comme une opportunité à saisir pour présenter et rendre public le sulam terawang, œuvre des femmes de Kotogadang. Malheureusement, elle n‘atteindra jamais l‘Europe à cause d‘une partie qui mécontente d‘elle or la nouvelle de son départ pour Europe s‘est déjà répandue.
Malgré les faits hostiles de son adversaire inconnu, qu‘elle tenait pour sa raison d‘agir, Ruhana s‘est déterminée à mener son pays vers le progrès. Lire comme son passe-temps favori et son écriture sur ses idées, son état d‘esprit dans son journal intime lui ont conduit à choisir l‘écriture, surtout dans la presse, comme son moyen d‘agir. On peut considérer sa décision comme courageuse car à cette époque-là, il y avait très peu de femmes qui se plongeait dans le domaine de presse. Ruhana était la marraine de la presse de Sumatra Ouest et pionnière de journalisme féminin de Minangkabau.
Lorsque Poetri Hindia, considéré comme le premier quotidien féminin aux Indes néerlandaises, a vu le jour en 1908 à Batavia, Ruhana était très enthousiaste d‘accueillir ce développement de la condition des femmes. Elle a envoyé plusieurs fois des articles à la publication périodique réalisée par Tirto Adhi Suryo. Il était possible qu‘elle ait été la première femme qui jouait consciemment son rôle comme journaliste qui écrivait des événements et en envoyait à la presse. La plupart des femmes de l‘époque ne servait que « symbole » sans nécessairement s‘occupait des responsabilités de journaliste.
Après la fermeture du Poetri Hindia, suite des affaires problématiques de la presse contre le gouvernement colonial néerlandais entraînant Tirto Adhi Suryo, Ruhana a tourné son regard vers le quotidien Oetoesan Melajoe qui a pour la première fois salué ses lecteurs en 1911 (Muhidin M. Dahlan, 2008 : 73). Alors elle a écrit une lettre destinée à Datuk Sutan Maharaja nommé DSM, le patron de DSM et le personnage important au milieu de la presse de Sumatra Ouest.
Une réponse a été délivrée. DSM a apprécié ce qu‘elle a fait. Il a été impressionné par la vigueur des mots de Ruhana parus dans les publications périodiques. Il a également suivi attentivement la carrière pédagogique de Ruhana. Poussé par sa juste appréciation à l‘égard de l‘écrivaine minangkabau, DSM a même dépensé son temps de se rendre à Kotogadang pour la rencontre.
Ruhana est très ravie de le voir, sa volonté est subitement interprétée à DSM que l‘on nomme l‘empereur de la presse de Minangkabau. Elle est très sérieuse de son propos et exprime explicitement la possibilité de publications périodiques consacrées aux femmes. « Mon propos n‘est pas seulement une rubrique dans le quotidien Oetoesan Melajoe dont vous êtes le dirigeant, mais si c‘est possible une publication périodique consacrée aux femmes », demande Ruhana. Après avoir discuté, ils trouvent le mot d‘accord et publient alors un périodique féminin jamais existé avant à Sumatra.
Le 10 juillet 1912, la première édition de Soenting Melajoe est née. Ruhana remporte la confiance de DSM pour diriger la publication en étant la rédactrice en chef. Elle était la première femme la plus affectée à la publication du périodique et d‘avoir dirigé un quotidien. À côté d‘elle, il y avait également d‘autres marraines de la presse. Zubaedah Ratna Juwita binti Datuk Sutan Maharaja qui s‘installait à Padang et Ruhana binti Maharadja Sutan s‘occupait de la branche de Soenting Melajoe à Bukittinggi. Ratna Juwita, la fille de DSM était plein d‘expériences parce qu‘elle avait souvent écrit, comme Ruhana avait fait, des articles pour le quotidien féminin, Poetri Hindia.
DSM a confié toutes les affaires concernant la publication de Soenting Melajoe à Ruhana. C‘est le point de départ de la création d‘images en tant que première femme journaliste des Indes néerlandaises. À l‘initial, ses travaux journalistiques au sein du périodique couvrent la présentation de ses idées et le relais des nouvelles à partir des sources journalistiques étrangères. Elle a ensuite travaillé comme une vraie journaliste. Ruhana faisait aller-retour Kotogadang-Bukittinggi pour rapporter des événements à être publiés.
Le périodique Soenting Melajoe était édité à Padang tandis que Ruhana habitait à Kotogadang. Elle le dirigeait par la correspondance écrite avec l‘équipe de Padang et animait ses rubriques avec des articles qu‘elle envoyait une fois par semaine. Elle écrivait sur une feuille de papier car elle sentait mieux comme cela en plus elle n‘avait ni était apte à écrire à la machine. À part ses activités rédactionnelles, elle descendait sur le terrain pour chercher des talents cachés au sein des femmes de arrière-pays de Minangkabau et essayait d‘ouvrir les bureaux de branche pour que le périodique ait été plus accessible.
Ruhana a contribué également dans plusieurs publications périodiques. En 1913, le rédacteur en chef de Soenting Melajoe a partagé ses idées à travers le quotidien Saoedara Hindia dont la ville de distribution était Kotogadang, la ville où se trouvait sa demeure. Puis sept ans qui s‘ensuivent elle a quitté Kotogadang pour Medan. Là bas, elle a enseigné dans un établissement scolaire Dharma Putra et participé à la publication d‘un périodique Perempoean Bergerak (Dian Andika Winda, 2008 : 148).
Malgré son engagement au mouvement féministe, Perempoean Bergerak est un journal périodique qui offrait des articles concernant des taches ménagères, de la courtoisie, de la famille, des questions d‘enfant, de la cuisine. Ce périodique a également ciblé les lecteurs masculins parce que son principe était le progrès de femmes n‘a pu que se réaliser par la collaboration avec les hommes. Il était dirigé par les femmes féministes telles que Butet Satijah, Anong S. Hamidah, Siti Sahara, Ch. Barijah, T.A. Safariah et Siti Satiaman. La dernière est la rédactrice en chef du périodique et la femme d‘un journaliste très connu, Parada Harahap (Rhoma Dwi Aria Yuliantri, 2008 : 88).
Ruhana a marqué sa carrière par sa contribution auprès d‘une station de radio et Tjahaja Soematra, un journal édité à Padang. Même si elle avait tant d‘expérience dans le monde journalistique, Soenting Melajoe était le terme qui l‘a marquée le titre première femme journaliste la plus connue.
Elle conduisait soigneusement son périodique depuis la première parution jusqu‘à son ultime édition en 1921. Sa fonction directionnelle au sein du périodique restait incontestable. Neuf ans avec Soenting Melajoe était une longue durée pour elle étant donné qu‘il y avait très peu de périodiques qui était capable de subsister à la deuxième décennie du XXème siècle. Grâce à sa vigueur, sa fermeté et son engagement au service de progrès des femmes, Soenting Melajoe a pu survivre aussi longtemps.
À l‘âge de 24 ans, Ruhana s‘est mariée avec Abdul Kudus, notaire et journaliste pour le quotidien Tjahaja Soematra. Abdul Kudus s‘inscrivait au sein de l‘Insulinde, une organisation de mouvement dirigé par Cipto Mangunkusumo. Puisqu‘elle était la femme d‘Abdul Kudus, elle a le droit de porter le nom Kudus derrière son nom. Désormais, on le connaît sous nom de Siti Ruhana Kudus. Ce couple qui a lutté pour le développement de l‘Indonésie avait un enfant qui s‘appelait Jasman.
Lorsque les Indonésiens ont fêté leur XXVIIème anniversaires de l‘indépendance, le 17 août 1972, Siti Ruhana Kudus est décédée à l‘âge de 88 ans à Jakarta. Sa dépouille mortelle a été inhumée dans le cimetière public Karet, Jakarta. Il y avait très peu de femmes qui joue un rôle comme ce qu‘elle faisait et en plus à cette époque la condition de femmes était défavorable. Malgré son absence dans la formation scolaire, elle était capable de réaliser les accomplissements importants en faveur d‘un changement : établir une école pour les femmes, fonder une association féministe et publier un périodique réservé aux femmes. Il n‘est donc pas exagéré de désigner Siti Ruhana Kudus comme première femme journaliste de Sumatra.
2. Sa pensée
Son objectif principal : émancipation de la femme, est devenu sa motivation de lutte et sa base de pensée. À partir de ces deux choses, Ruhana a déclenché sa lutte contre la condition défavorable des femmes, elle a choisi la voie d‘éducation et de journalisme au service des femmes de Sumatra en particulier et des Indes néerlandaises en générale.
a. Education
Les bons exemples d‘un enseignant provoqueront le développement des sentiments humains de ses élèves (St. Kartono, 2006 : 20). Cet aphorisme évoque ce qu‘a fait Ruhana. Elle a comblé son répertoire avec de la connaissance en lisant des livres et des journaux tant de l‘étranger que des Indes néerlandaises. Par les informations écrites, elle a appris la différence des femmes de l‘archipel et de l‘étranger. À l‘étranger, les femmes avaient aussi de l‘accès à l‘éducation comme jouissait les hommes.
Ses homologues de l‘étranger obtenaient le diplôme de l‘établissement de l‘enseignement supérieur, travaillaient dans les bureaux, enseignaient et exprimaient leur opinion en ce que concerne le futur de leur pays. Au contraire, la condition à l‘intérieur était totalement différente à cause des règles coutumières. Elle a suscité le sentiment féminin profond et poussé la motivation de Ruhana de changer le destin des femmes des Indes néerlandaises.
Ruhana a appliqué la connaissance qu‘elle avait apprise à partir des textes étrangers. Elle a expliqué à ses élèves que la condition des femmes en Europe était mieux que celle des Indes néerlandaises. En se fondant sur cette prémisse, elle a souligné l‘importance de déplacement vers les villes plus avancées par exemple à Java afin que les femmes de Minangkabau aient obtenu la capacité intellectuelle. Elle les a prévenue si les femmes de Minangkabau n‘étaient pas réceptives aux idées nouvelles ou à celles des autres, elles n‘auraient jamais de l‘attention d‘hommes car ils préfèrent les femmes intelligentes. L‘idée de Ruhana ayant conseillé les femmes de Minangkabau d‘aller hors leur territoire culturel a nourri des contestations de tous les côtés et est considéré comme transgression contre le droit coutumier parce qu‘elle a dépassé le domaine masculin. Ainsi une pionnière, ses actes sont toujours au-delà des idées générales.
Ruhana a consacré toute sa vie pour apprendre, enseigner et changer la manière de pensée des Minangkabau concernant l‘éducation pour les filles. Elle a affirmé que la modernisation ne rendrait jamais égale la position des femmes à l‘égard celle des hommes. D‘après elle, la femme avec toutes ses capacités naturelles et ses devoirs, reste toujours comme elle est ce qu‘elle a revendiqué était l‘accès à l‘éducation et le meilleur traitement de l‘homme. Les femmes doivent être saines de corps et d‘esprit, avoir des bonnes attitudes et être fidèle à la religion. Tous ces caractères idéaux ne reposent que sur une bonne étendue de savoir.
On peut donc tirer la lutte qu‘a fait Ruhana n‘a pas touché l‘égalisation des droits de la femme à ceux d‘hommes, elle n‘a revendiqué que la restructuration de la fonction et du rôle naturels de la femme en fonction de sa nature. L‘étendue de savoir et le savoir-faire sont nécessaires afin de former une femme idéale. Alors, une éducation pour toutes les femmes est obligatoire.
b. Dans la presse
Les idées de Ruhana, présentées dans les articles parus sur les périodiques, sur l‘émancipation de la femme étaient très nettes. Ruhana a souvent écrit les articles qui critiquaient la manière de traiter les femmes aux Indes néerlandaises, en particulier lorsqu‘elle présidait Soenting Melajoe. Les articles de Ruhana qui dominaient le Soenting Melajoe ont accentué de l‘importance d‘éducation—dans la famille, dans l‘établissement scolaire—pour les femmes. Ses opinions qui étaient très nettes ont souvent frappé la figure du droit coutumier de Minangkabau qu‘elle considère comme périmé et dépassé par la situation actuelle.
Ruhana avait témoigné comme l‘a noté Hajar NS (2007 : 38) « J‘écris particulièrement les aspects religieux et les devoirs appartenaient aux règles coutumières de Minangkabau, surtout de Kotogadang, qui a changé la conception masculin envers les femmes. » Ses articles ont parlé de la condition des femmes qui venaient des couches sociales moyennes inférieures parce qu‘elle habitait et vivait dans ce milieu.
À part de la condition des femmes dans son pays, Ruhana prêtait également de l‘attention sur celle des pays pauvres et des nations colonisées. Comme à Minangkabau, elle parle de la situation des femmes en Inde qui souffraient des règles coutumières. Leur situation était épouvantable voire on les traitait de manière inhumaine. Au moment de la menstruation, les femmes des Indes ont été mises à l‘écart parce que l‘on les considérait comme dégoûtantes. Elle a protesté le mauvais des femmes partout dans le monde au nom des règles coutumières. Dans son périodique Soenting Melajoe du 13 décembre 1918, elle a écrit que « les femmes hindous en Inde du nord et du centre ne sont pas du tout respectées et n‘avaient aucun droit ».
La revendication de Ruhana a pris forme. La rédactrice en chef a accusé les hommes qui exigeaient les femmes à obéir leur pouvoir et volonté masculine. Ce qu‘elle souhaitait n‘était que l‘égalité entre les deux parties. Elle ne voulait pas que le rôle des femmes ait été réduit au domaine sexuel, grâce à l‘organe de reproduction qu‘ont des femmes. Pour susciter la conscience de l‘égalité chez les hommes, Ruhana a aussi accentué l‘importance de la collaboration mutuelle entre les hommes et les femmes dans le développement de la nation. « Sachez Messieurs que la femme possède tous les atouts dans le jeu. Alors Messieurs, méfiez-vous à la sélection de la femme (soit une vierge soit une veuve), ne comptez jamais leur apparence physique. Souvenez-vous que les fruits murs sont larvés. » (Ruhana Kudus, Soenting Melajoe, 10 décembre 1920)
Bien que ses articles attaquaient sévèrement l‘injustice contre les femmes et les questions d‘émancipation de la femme, Ruhana ne perdait pas de sa féminité. Elle tenait toujours les tâches naturelles des femmes en prenant le rôle premier dans les affaires ménagères et familiales. Par conséquent Ruhana a appelé les femmes de ne plus dépendre à leur mari et d‘apprendre des sciences afin de pouvoir vivre librement et gérer indépendamment la famille. À travers ses articles, elle a suggéré les femmes d‘ « être travailleuse et apprendre continuellement les sciences parce que, pour la plupart des nations, celles-ci sont la clé au progrès… Le progrès n‘est pas seulement le privilège des hommes, les femmes, quant à elles, ont aussi le droit d‘y gagner. Ne les laissez pas derrière ! L‘éducation pour les filles est obligatoire dès maintenant ! » (Hajar NS, 2008 : 221)
Grâce à son rôle indéniable dans le cadre de la fondation de Soenting Melajoe, ses efforts sont entrés alors dans la scène de la presse des Indes néerlandaises en tant que femme journaliste qui luttait pour l‘émancipation de la femme. On la connaît aussi en tant qu‘une des pionniers du système de gestion journalistique à la deuxième décennie du XXème siècle. En écrivant le slogan « Soerat Kabar Perempuan di Alam Minangkabau ‘le périodique pour les femmes de Minangkabau‘ » Ruhana voulait mettre la position de la femme au même niveau que celui d‘hommes dans la scène de la révolution nationale indonésienne.
Ruhana n‘a pas cessé de exiger la nécessité de libération des droits de la femme. Elle lançait des critiques avec moyen journalistique, le monde qu‘elle a très bien maîtrisé, en ciblant les parties qui ne voulaient pas voir les femmes fussent en voie de progression. Pour se procurer des informations et nourrir sa curiosité, Ruhana a consulté les périodiques qui adoptaient le courant indépendantiste tels que Fadjar Asia, Modjopahit, Goentoer Bergerak et Sinar Djawa/Sinar Hindia. À cette époque, ces périodiques dirigés par les patriotes, qui étaient généralement jeunes et luttaient de manière acharnée, étaient le moteur du mouvement indépendantiste qui voulait se libérer du colonialisme et de l‘impérialisme.
La première femme journaliste avait eu des arguments qui l‘ont emmenés au monde de la presse. Le premier. La fierté de pouvoir rencontre les grands personnages du mouvement indépendantiste. La deuxième. Pour un(e) journaliste, écrire est un moyen pour libérer de l‘esprit, critiquer les choses, corriger les injustes au sein de la société et les rapporter au public. Le troisième. Elle voulait faire partie au groupe chargé à l‘assurance de la liberté de pensée de la société. Et enfin, en étant la journaliste, Ruhana pouvait exercer librement le rôle de protectrice des femmes qui luttait contre les faits discriminatifs des hommes soutenus par les règles coutumières. Pour elle, l‘adoption des droits éducatifs de la femme était l‘objectif final. Grâce à la publication de Soenting Melajoe et les autres périodiques elle l‘a réalisé.
3. Ses contributions
Pendant sa vie elle a prêté son concours au sein de la société. Toutes ses contributions étaient consacrées au progrès de la condition de la femme.
- Elle était la conceptrice de l‘association des femmes Kerajinan Amai Sejahtera fondé le 11 février 1911 qu‘elle a présidé à la fondation.
- Outre l‘association, elle a fondé une école portant le même nom à la ville de Kotogadang en 1911. Cette école est encore en service à présent.
- Elle était la première femme journaliste aux Indes néerlandaises (Indonésie).
- En 1908, elle a contribué à la rédaction des nouvelles pour le quotidien batavien Poetri Hindia.
- Conceptrice et directrice du périodique consacré aux femmes Soenting Melajoe, publié à Padang depuis 10 juillet 1912.
- Enseignante à l‘école Dharma Putra à la ville de Medan en 1920.
- Elle a prêté son concours à la publication d‘un périodique de Medan Perempoean Bergerak en 1920.
- Rédactrice de la radio et du périodique Tjahaja Soematra à Padang.
4. Récompenses
En 1974, pour attester les contributions de Ruhana, le gouvernement provincial de Sumatra Ouest a décerné le titre de « première femme journaliste de l‘Indonésie ». Puis à l‘occasion du IIIème anniversaires de jour de la presse, le 9 février 1987, le gouvernement indonésien à son tour a récompensé le titre de « pionnière de la presse indonésienne ». Le président de la République indonésienne, Susilo Bambang Yudhoyono, a complété la liste des distinctions de Ruhana par l‘attribution de la décoration honorifique Bintang Jasa Utama en regardant ses contributions dans le monde journalistique. Cette récompense a été attribuée le 16 février 2008 par le gouverneur de Sumatra Ouest, au nom du président de la république, au petit fils de Ruhana, Juneydi Juni, à l‘occasion de l‘anniversaire de jour de la presse au palais présidentiel de Bukittinggi.
(auteur : Iswara N.R.)
Traduction de l‘indonésien par Arya Seta (1/05-09)
Bibliographie :
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- Siti Roehana Koedoes (1920), “Mentjari Isteri”, dans Soenting Melajoe, 10 décembre 1920.
Images : Petrik Matanasi (Ed.), 7 Ibu Bangsa, Jakarta : IBOEKOE, 2008.
- Hasan Junus.
- Husnizar Hood (en cours de rédaction).
- Samson Rambah Pasir.
- Tengku Dahril.
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