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Malay Culture

La façon de vivre des Kajang, Bulukumba, Indonésie : vivre en harmonie avec la nature

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Les Kajang, avec leur identité culturelle : des vêtements tous noirs

A. Origine

Aujourd‘hui, lorsque la forêt est défrichée par les braconniers, la façon de vivre des Kajang peut nous donner une inspiration sur la gestion de la nature. Il s‘agit d‘une masyarakat adat ‘communauté coutumière‘ d‘ammatoa qui habite le département de Bulukumba à la province de Sulawesi du Sud. Bien qu‘ils vivent non loin du chef-lieu du département, environ 50 km, ils savent conserver la nature en exploitant suffisamment les ressources naturelles. Tous ces actes se lient directement à la doctrine traditionnelle, traiter la forêt comme une mère à qui l‘on consacre les égards et la protection (Suriani, 2006).


La porte du milieu traditionnel d‘ammatoa de la tribu de Kajang

Démographiquement, les Kajang se distinguent en deux groupes, les Kajang dalam (intérieur) et les Kajang luar (extérieur). Les Kajang dalam occupent plusieurs villages tels que : Tana Toa, Bonto Banji, Malleleng, Pattiroang, Batu Nilamung, et la moitié du village Tambangan. Les villages limitrophes de leur zone traditionnelle sont Tuli (nord), Limba (est), Seppa (sud) et Doro (nord). Tandis que les Kajang luar habitent l‘ensemble de district de Kajang et quelques villages du district Bulukumba, parmi eux les villages Jojolo, Tibona, Bonto Minasa et Batu Lohe (Aziz, 2008).

Néanmoins, ce ne sont que les Kajang dalam qui tiennent à la tradition d‘ammatoa. Comme ils appliquent une vie rudimentaire, ils refusent toutes les nouveautés comprenant des nouvelles technologies. D‘après eux, elles puissent provoquer les impacts négatifs qui bouleverseront la vie durable de la nature. Cette communauté qui porte toujours des vêtements de couleur noire fait partie à la société traditionnelle d‘ammatoa (Widyasmoro, 2006).


Les Kajang, lors d‘une cérémonie

La communauté traditionnelle d‘ammatoa pratique un culte traditionnel qu‘ils nomment patuntung. Ce terme est dérivé du mot tuntungi (en langue macassar), qui signifie rechercher de la vérité. La doctrine de patuntung repose sur trois piliers ; croire à Dieu (turiek akrakna), respecter la terre octroyée par turiek akrakna et respecter les ancêtres (Rossler, 1990). La foi auprès de turiek akrakna est fondamentale chez le culte patuntung. Les Kajang croient que turiek akrakna est le créateur de tout, immortel, omniscient et omnipotent (Adhan, 2005 :207).

Turiek akrakna a transmis ses instructions sous forme d‘un pasang (correspond aux révélations divines des religions abrahamiques) transmis par l‘intermédiaire du premier homme en terre qui s‘appelait ammatoa. Littéralement, le mot pasang signifie « messages ». Dans ce contexte, les pasang sont l‘ensemble des sciences et des expériences sur tous les aspects de la vie transmises oralement par les ancêtres à leurs successeurs de génération en génération (Usop, 1985). La société traditionnelle d‘ammatoa est obligée de soumettre aux pasang et les appliquer dans la vie quotidienne. Si les pasang sont violés, elle subira des châtiments. Comme le dit un verset de pasang, « Punna suruki, bebbeki. Punna nilingkai pesokki » qui signifie : Si on est assis sur les talons et les cheveux tombent et ne poussent plus. Si on nous dépasse, on paralyse. (Adhan, 2005 : 271).

Afin que ses instructions soient respectées par les hommes, turiek akrakna ordonne l‘ammatoa à diffuser et conserver des pasang. L‘ammatoa, quant à lui, a pour rôle, chez les Kajang, comme entremise de turiek akrakna et les hommes. Selon le mythe des Kajang, Ammatoa était le premier homme de la terre nommé par turiek akrakna. Les Kajang croient que leur territoire était l‘endroit où l‘ammatoa a mis ses pieds sur terre. Ils désignent leur terre par le terme tanatoa ‘la première terre‘ héritée de leurs ancêtres. Ils croient que lors de la création du premier homme, turiek akrakna a envoyé to manurung qui est venu du ciel vers la terre en montant un oiseau kajang. Cet oiseau fabuleux est perçu comme origine d‘hommes. Au cours de temps, ses descendants habitent tous les coins de la terre. Néanmoins, parmi eux, les Kajang de Tanatoa sont les plus bien aimées. Ces derniers perçoivent la légende de to manurung comme la réalité. Les Kajang ont établi un village sur le terrain où to manurung avait atterri pour la première fois. Par conséquent, ils considèrent to manurung comme leur chef suprême et appliquent tous les doctrines transmises par to manurung. Aujourd‘hui, ces doctrines sont devenues leurs piliers de la vie et ils ont adopté également le nom de l‘oiseau comme le nom de leur tribu (http://www.liputan6.com).     

À travers de pasang, la communauté coutumière d‘ammatoa perçoit que leur existence se trouve au sein d‘une structure de relation hiérarchisée. Cette relation est composée de turiek akrakna, des pasang, d‘ammatoa et la terre octroyée par turiek akrakna aux ancêtres de la communauté d‘Ammatoa. Par conséquent, la conservation de la forêt fait partie de la doctrine de pasang car la forêt se trouve sur la terre octroyée par turiek akrakna aux ancêtres de la communauté d‘ammatoa. Les Kajang croient que la forêt possède un pouvoir surnaturel qui peut leur rendre de la prospérité et à la fois également de la misère. Ce pouvoir est issu d‘esprits des ancêtres de Kajang qui prennent le rôle comme gardien de la forêt contre des actions défavorables perpétrées par les hommes (Aziz, 2008). Dans ce cas, les esprits gardiens vont émettre leur imprécation à ceux qui dégarnissent la forêt et chassent les animaux. Ces imprécations peuvent être sous forme de maladie ou d‘arrêt d‘écoulement de l‘eau qui passe les villages de tanatoa de Kajang. Un pasang illustre cette situation.

Naparanakkang juku

Napaloliko raung kaju

Nahambangiko allo

Nabatuiko Ere Bosi

Napalolo‘rang Ere Tua

Nakajariangko Tinanang

Traduction :

Les poissons nagent contre un cours d‘eau, les arbres bourgeonnent

Le soleil brille et la pluie tombe

De l‘alcool qui goutte

Et tous les arbres qui poussent

(Adhan, 2005 : 262)

Le pasang en forme poétique ci-dessus sont la manifestation des Kajang pour respecter de la nature en faisant la conservation de la forêt. Pour les Kajang, cette mesure environnementale signifie la direction de leur chef suprême (Ammatoa) est approuvée par turiek akrakna et la nature. L‘ammatoa est considéré d‘avoir réussi appliquer les doctrines de pasang comme turiek Akrakna ordonne. Admise ou non, la croyance des Kajang sur la forêt a contribué à la conservation de la forêt.

B. Connaissance écologique des Kajang

La connaissance écologique des Kajang est liée étroitement à leur principe de la vie nommé tallase kamase-mase. Ce principe fait partie des pasang qui instruit la communauté de Kajang de vivre en modestie et en simplicité. Littéralement, le terme tallaseee kamase-mase rapporte l‘objectif des Kajang sur la terre ; n‘est rien d‘autre que d‘être le serviteur de turiek akrakna. Ce principe veut dire également s‘abstenir de la jouissance qui pourrait procurer une envie innombrable. Cette abstinence est appliquée dans la vie quotidienne par conséquent l‘envie d‘exploiter la forêt peut être contrôlée de sorte que celle-ci soit bien conservée (Salle, 2000).

Une vie simple est devenue mode de vie et à la fois pilier des Kajang qui les mène à effectuer des activités quotidiennes. Les formules des pasang suivantes expliquent de manière détaillée le principe des Kajang.

  • Ammentengko nu kamase-mase, accidongko nu kamase-mase, a‘dakkako nu kamase-mase, a‘meako nu kamase-mas. ‘Tenez-vous debout avec simplicité, asseyez-vous avec simplicité, marchez avec simplicité et parlez avec simplicité.‘   
  • Anre kalumannyang kalupepeang, rie kamase-masea, angnganre na rie, care-care na rie, pammalli juku na rie, koko na rie, bola situju-tuju. ‘La richesse n‘est pas éternelle, il n‘y a que la simplicité, alors mangez suffisamment, habillez-vous avec simplicité, achetez du poisson autant qu‘il est nécessaire, construisez une maison simple‘ (Restu et Sinohadji, 2008).
  • Jagai lino lollong bonena, kammayatompa langika, rupa taua siagang boronga. ‘Conservez le monde et ses contenus, y compris le ciel, l‘homme et la forêt.‘ Ce verset inspire les Kajang et l‘Ammatoa, le chef suprême traditionnel, de mettre en pratique la valeur de simplicité. Ce pilier montre leur connaissance écologique qui met le ciel, l‘univers, l‘homme et la forêt dans un système intégral dont l‘harmonie doit être assurée. Dans ce cas, l‘homme n‘est que l‘un des composants d‘un ensemble macrocosme qui dépend de l‘autre composant. Par conséquent, dans sa relation avec les autres composants du macrocosme, l‘homme ne peut pas agir à son gré envers les autres car ceci risque de bouleverser l‘harmonie construite de manière naturelle (Salle, 2000).

Les Kajang savent se tenir fermement au principe de tallase kamase-mase. La mise en pratique du principe se manifeste par plusieurs actes dans la vie quotidienne :

  • Les maisons uniformes, unisubstances, unidimensionnelles et si possible unidirectionnelles sont les caractères perceptibles particuliers qui démontrent l‘uniformité des Kajang. Cette uniformité peut empêcher l‘exploitation de la forêt suscitée par l‘envie de se procurer plus.


La forme d‘une maison des Kajang

  • Interdiction de construire une maison à base des briques. D‘après les pasang, c‘est un tabou, parce que selon la conception des Kajang, ce ne sont que les morts qui occupent un lieu entouré de la terre. Alors ceux qui habitent les maisons en briques sont considérés comme les morts, parce que la maison est constituée en principe de la terre, bien qu‘ils soient encore en vie. Si l‘on observe plus profonde, cette interdiction est une sorte de conservation de la forêt, car dans la fabrication des briques, on a besoin beaucoup de bois de combustible. En bref, elle protège la forêt de la destruction.
  • Porter le vêtement tout en noir. C‘est une sorte de l‘égalisation, qui a pour but de mettre en accent l‘uniformité dans tous les aspects de vie et dans la simplicité. Selon les pasang, le noir n‘a pas de catégorisation, autrement dit tout est égal. Les vêtements noirs indiquent que tous les hommes sont au même rang en face de turiek akrakna. L‘égalité non seulement manifestée par l‘apparence physique, mais aussi manifestée par leur façon de répondre la question de l‘environnement, et surtout sur la question forestière. Cette conscience ne leur permet pas de penser à exploiter leur forêt. De cette manière, la forêt ne perdra pas son rôle (Salle, 2000).

Pour satisfaire leurs besoins quotidiens, par rapport aux ressources naturelles, les Kajang ne visent pas la vie réelle dans le monde, mais plutôt la vie éternelle du monde de l‘au-delà. Cette principe se manifeste par l‘exploitation des ressources naturelles qui rendent compte à la durabilité de la nature, parce qu‘ils n‘exploitent que la forêt pour leur besoin de base. À partir des explications ci-dessus, le principe tallase kamasa-mase comprend trois doctrines principales. La première, les actions humaines dans le monde réelle impliquent la condition humaine dans le monde de l‘au-delà, toutes les bontés aboutiront à des récompenses au paradis, tandis que les maux s‘achèveront à l‘enfer. La deuxième, tout le monde doit rassembler tous les éléments de soi afin de pouvoir obtenir une bonne place au cœur de Dieu. La troisième, le matérialisme dans le monde ne peut que s‘achever dans la vie misérable (Suriani, 2006). En conclusion, avec ce principe, il est souhaitable que les Kajang puissent se maîtriser contre le désir, la malfaisance, le matérialisme et effectuer l‘honnêteté, la fermeté, la patience et la modestie.

À part du principe tallase kamasa-mase, les Kajang ont une autre façon de conserver la forêt, c‘est de diviser leur forêt traditionnelle en trois parties ayant chacune sa propre rôle et fonction auprès de la communauté coutumière de Kajang. Ce partage a été fait par le chef de la communauté. Al Rawali (2008) énumère les trois parties suivantes.

La première est la forêt sacrée ou barong karamaka. C‘est un endroit interdit à toutes les activités sauf les cérémonies coutumières. Cette forêt doit être privée de toutes les activités forestières telles que l‘exploitation de bois, la mesure de surface, le reboisement, l‘exploitation d‘animaux et les autres déplacements vers la forêt non traditionnelles. Cette forêt est sacralisée parce que les Kajang croient que les esprits de leurs ancêtres y demeurent. Une expression de pasang suivant explique cet argument.

Talakullei nisambei kajua, Iyato‘ minjo kaju timboa. Talakullei nitambai nanikurangi borong karamaka. Kasipalli tauwa a‘lamung-lamung ri boronga, Nasaba‘ se‘re wattu la rie‘ tau angngakui bate lamunna

Traduction : Les bois sont irrécupérables, ces bois ne sont que les restes. La forêt sacrée est non modifiable. Personne ne peut planter une plante sur la forêt, car un jour il y‘en aura qui en réclamera.

La deuxième est la forêt frontalière ou en terme locale barong batasayya. Les bois de cette forêt sont exploitables tant que le nombre de bois est suffisant et avec l‘autorisation d‘ammatoa en tant que chef de tribu. La décision finale de l‘exploitation est à la main d‘ammatoa à condition que les bois seront utilisés pour construire un bâtiment communal ou pour ceux dont les ressources sont insuffisantes. Les autres arguments sont exclus.

Parmi les bois dans cette forêt, il n‘y a que certains bois exploitables, ce sont : le bois d‘asa, de nyatoh et de pangi. Le nombre de bois abattu doit correspondre à la nécessité de peur que l‘ammatoa réduit le nombre de bois.

La condition principale avant de couper le bois est le reboisement du terrain. Le bois voulu ne peut être battu lorsque les bois remplaçants (au minimum 2 plantes de la même genre) poussent bien. Le lieu de reboisement est déterminé par l‘ammatoa. L‘abattage est autorisé avec les outils traditionnels tels que la hache et le coupe-coupe. Pour retirer les bois abattus, on doit les porter sur les épaules car les évacuer en les tirant risque de heurter les autres arbres.

La troisième est la forêt du peuple ou en terme local borong luara‘. C‘est la forêt dont la gestion est à la main du peuple. Malgré le droit d‘appartenance du terrain est à la main du peuple, mais les règles traditionnelles sur la gestion de la terre s‘imposent encore le peuple. L‘ammatoa apparu comme gardien de toutes les violations des ressources naturelles de la forêt.

Afin de régler les fonctionnements des trois forêts, l‘ammatoa donnera une sanction auprès de ceux qui violent les règles traditionnelles. Les sanctions seront infligées en fonction de niveau de profanation effectuée. Et certes, la profanation de la forêt sacrée aboutira à une sanction très lourdes.

C. Implications sociales

Les Kajang imposent leurs règles traditionnelles dans leur vie quotidienne et surtout dans l‘exploitation de la forêt. Les règles en application dans le milieu traditionnel de la tribu de Kajang régissent, sans faire d‘exceptions, tous les éléments de la société. Elles ont été faites en se fondant sur les pasang des ancêtres transmises de génération en génération. Elles sont considérées comme une norme de conduite standard (lebba) dont les sanctions infligées aux ceux qui commettent une violation de conservation de la forêt. L‘exécution de sanctions doit être claire, sévère et sans aucune soustraction. Un verset de pasang illustre les caractères de la mise en application, « Anre na‘kulle nipinra-pinra punna anu lebba » ‘si la décision est prise, il est impossible de la modifier‘ (Restu et Sinohadji, 2008).

Le pasang régit toutes les activités dans la forêt et interdit clairement celles qui peuvent aboutir à la destruction de la forêt telles que l‘abattage de bois, la chasse de gibiers et l‘exploitation des autres ressources forestières. Ceux qui violent recevront des sanctions sévères. Après s‘être rassemblé pour définir le degré de gravité de la violation surtout qui traite la conservation de la forêt, les membres du conseil de la tribu, présidé par l‘ammatoa ‘chef de la tribu‘, appliquent la sanction. Les catégories de violation sont exposées dans la liste suivante.

Le cappa ba‘bala ou la violation légère couvre les faits d‘abattage effectués sur la terre de la société traditionnelle d‘ammatoa. La sanction actuelle est d‘une amende de 600 000 de rupiah. En plus le coupable doit attribuer un rouleau de tissu blanc à l‘ammatoa.

La deuxième est tangnga ba‘bala ou la violation moyenne dont le coupable commet une violation dans la zone de la forêt frontalière ou barong batasayya. Toutes sortes d‘exploitations de ressources naturelles sans l‘autorité d‘ammatoa se classifient comme la violation moyenne. Par exemple si l‘on exploite de bois plus de la limite concédée, le coupable doit payer une amende de 800 000 de rupiah et un rouleau de tissu blanc.

La troisième est la violation grave ou en terme local « poko‘ ba‘bala ». Le poko‘ ba‘bala entraîne tous les membres de la société étant sous la direction d‘ammatoa qui commettent une violation sous forme d‘exploitation des ressources telles que bois que de la forêt sacrée ou le barong karamaka. La sanction de cette catégorie est une amende de 1 200 000 de rupiah, d‘un tissu blanc et l‘obligation de rendre toutes les ressources exploitées de la forêt sacrée (Restu et Sinohadji, 2008).

Outre les sanctions matérielles, la loi traditionnelle protégeant la conservation de la forêt, connaît également celles de sociales sous forme de bannissement. Pour les Kajang cette sanction est plus lourde à supporter. Le droit social ou l‘existence du coupable dans son milieu sera enlevé parce que le chef de tribu ou l‘ammatoa n‘assistera pas les fêtes organisées par le coupable. Sans la présence du chef de la tribu les fêtes ou les autres événements, Chez les Kajang, ne signifieront rien. Pour ceux qui a commis un acte illicite, ils choisiraient une peine à vie au lieu de supporter une sanction du poko‘ ba‘bala. Le bannissement peut entraîner toute la famille et durer jusqu‘à sept générations.

Si l‘auteur de la violation est reste en vague, alors l‘ammatoa organise une cérémonie d‘attunu panrolik (brûlage à rouge feu l‘un des bouts de barre à mine). Avant la cérémonie, on frappe le tambour avec certain rythme devant la maison du chef de la tribu pour rassembler les gens à la cérémonie d‘attunu paronlik. Tout le monde doit y participer pour déterminer le coupable. Les habitants du village doivent tenir le bout de la barre à mine qui est rougit par la chaleur. Mais, chose bizarre c‘est que le coupable aura de brûlure tandis que ceux qui ne commettent pas le fait n‘éprouveront rien de mal. Généralement, le coupable n‘assistera pas cette cérémonie, alors pour trouver le coupable, on organise une autre cérémonie désignée attunu pasauk (Salle, 2000). Avant de procéder à la cérémonie, on rend au public tous les souhaits pour que le coupable aille se rendre au chef de la tribu. La présence du coupable devant le chef de la tribu est très importante car les effets de la cérémonie d‘attunu passauk sont insupportables et en plus elles pourraient impliquer la famille du coupable. L‘attunu passauk est dirigé par le chef de la tribu avec les autres dignitaires de la tribu au milieu de la forêt sacrée ou la barong karamaka. Autrement dit cette cérémonie est une sorte de condamnation par contumace que l‘on croit infligée directement par turiek akrakna. Cette punition divine est sous forme de châtiments successifs qui peuvent infliger également la famille, les descendants du coupable et même le témoin du fait qui ne le rapporte pas à l‘ammatoa (Salle, 2000).

En fait, toutes les sanctions exposées ci-dessus ne sont que les moyens des Kajang pour créer une situation favorable sans consigner le coupable par punition devant les yeux de la société. Les sanctions servent à empêcher les gens de ne pas commettre la violation à l‘égard de la conservation de la forêt. Alors comment perçoit-on la mise en application de la sanction ?

Les Kajang, pour leur part, considèrent la forêt comme mère qui peut leur protéger mais à la fois à qui ils doivent attribuer une protection. Cette métaphore comporte non seulement des valeurs philosophiques, mais aussi suscite des exemples pratiques dignes d‘être modèle des activités conservation de la forêt. Après avoir découvert le système de conservation de la forêt des Kajang, on peut tirer au moins deux significations de la forêt pour eux.

  • La première est la fonction spirituelle, la forêt est l‘un des conditions d‘un rite chez les Kajang, par conséquent, ils la rendent sacrée. Ils manifestent ce rôle par les cérémonies effectuées au milieu de la forêt telles que le sacre de chef de la tribu, l‘attunu passaung ‘la cérémonie pour envoyer des imprécations aux délinquants des règles traditionnelles‘, la cérémonie de l‘annulation de vœu et l‘angnganro la cérémonie de demande à turiek akrakna pour un souhait individuel ou collectif.
  • La deuxième est la fonction écologique, Les Kajang rendent compte que la forêt peut servir comme le gestionnaire de l‘eau (appariek bosi et appariek tumbusu), en particulier comme réservoir sous-sol.

Bibliographie :

  • Adhan, S., “Islam dan Patuntung di Tanah Toa Kajang: Pergulatan Tiada Akhir”, dans Hikmat Budiman, ed., Hak-Hak Minoritas: Dilema Multikulturalisme di Indonesia, Jakarta, Yayasan Interseksi en collaboration avec Tifa Foundation, 2005
  • Al Rhawali, A., Interaksi Manusia Adat Kajang dengan Lingkungannya, http://alrawali.wordpress.com (29 août 2008).
  • Azis, M., Pesan Lestari dari Negeri Ammatoa, http://etalasehijau.blogspot.com. (29 août 2008)
  • Kesederhanaan Kajang dan Amatoa yang Hilang, http://www.liputan6.com
  • Restu, M., et Emil Sinohadji, Boronga ri Kajang (Hutan di Kajang), http://www.fkkm.org (29 août 2008) 
  • Rossler, M., “Striving for modesty; Fundamentals of the religion and social organization of the Makassarese Patuntung”, dans Bijdragen tot de Taal-, Land- en Volkenkunde 146 (1990), no. 2/3, Leiden, 1990, p. 289-324. http://www.kitlv-journals.nl
  • Salle, K, 2000, “Kebijakan Lingkungan Menurut Pasang: Sebuah Kajian Hukum Lingkungan Adat pada Masyarakat Ammatoa Kecamatan Kajang Kabupaten Daerah Tingkat II Bulukumba”, dans Jurnal Pascasarjana Universitas Hasanuddin, vol. 1, année 2000, http://www.pascaunhas.net
  • Suriani, 2006, “Tanah Laksana Ibu bagi Suku Kajang”, dans le quotidien Sinar Harapan, 06 février 2006.
  • Usop, KMA. M., Pasang ri Kajang: Kajian Sistem Nilai Masyarakat Amma Toa dalam Agama dan Realitas Sosial, Publication sous l‘égide de la Yayasan Ilmu-ilmu Sosial, Makassar, Hasanuddin University Press, 1985.
  • Widyasmoro, T.T., 2006, “Kajang, Badui dari Sulawesi”, dans la revue Intisari no. 511, année XLIII, février 2006. http://www.intisari-online.com

(Afthonul Afif/bdy/4/10-08)

Traduit par Arya Seta (8/10-08)

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