Les habitants de Sulawesi (Célèbes) central, surtout ceux qui habitent dans les zones côtières, croient que le dugong est réincarnation d’une jolie fille. Comment une fille peut se métamorphoser en dugong ? Le récit suivant vous conduira à trouver la réponse.
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Il était une fois dans un village située à une région de Sulawesi central, vit un couple et ses trois enfants. Ces derniers se composaient de deux garçons et une fillette. Pour gagner sa vie, le père planta des légumes, de la tubéreuse et pêcha dans la mer. Tous les matins, il prit son déjeuner avec sa femme et ses trois enfants.
Un matin, ils prirent leur repas ensemble. Ils mangèrent du poisson et ne purent pas en finir parce qu’ils en eurent tellement. Après le déjeuner, le père en se préparant à la ferme, dit à sa femme de garder des poissons restant.
« La mère, tu peux garder des poissons restant pour notre déjeuner plus tard. »
« Oui le père », répondit court sa femme.
Ensuite le père s’en alla à la ferme. Tandis que sa femme garda des poissons restant dans une armoire à nourriture. Vers le midi, le fils cadet eut faim et demanda en pleurant à sa mère à manger. Il fut fatigué après avoir joué dehors toute la journée avec ses frères. La mère alors lui donna une assiette de riz et quelques morceaux de viande de poisson pris de l’armoire à nourriture. Il mangea avec gloutonnerie dans plusieurs bouchées, le repas qu’avait donné sa mère finit. Il lui demanda plus.
« Mère, je veux plus de poisson. », sollicita le cadet en pleurnichant pour demander de nouveau à manger.
Alors la mère le convainquit, « Oui, je te donne un peu de poisson mais on met du poisson à côté pour le déjeuner de ton père plus tard. »
Malheureusement la parole de la mère ne le satisfit pas et il pleura de nouveau en se débattant par terre. La mère n’eut pas le cœur de le voir pleurer de telle condition. Elle lui donna enfin du poisson restant afin que le cadet n’ait plus pleuré. Et ce don lui conduit à se taire.
À midi, le père retourna de la ferme, il eut faim et demanda à sa femme de préparer le repas pour lui. Couvrir par un sentiment d’inquiétude, la femme servit le repas. Certes le père s’aperçut qu’il manque de poisson. Il demanda alors à sa femme à propos de son message le matin,
« La mère, où est du poisson restant que je t’ai confié ce matin ? Tu n’en as pas préparé ? »
« Je m’excuse, mon chéri ! Le cadet a demandé du poisson pour accompagner le riz. », répondit sa femme.
En étant en colère, le père replia, « pourquoi tu lui as donné tout hein ? »
Pour calmer son mari, elle essaya d’expliquer ce qui s’est passé.
« Je m’excuse, mon chéri ! Je lui avais donné quelques morceaux de viande mais cela ne l’a pas suffi. Alors il s’est mis à pleurer et pleurnicher sur terre pour demander du poisson. Je n’avais pas le cœur de le voir comme ça. Enfin je lui ai donné tout. », expliqua-t-elle.
« Toutes tes explications me vaut rien. Je t’avais averti d’en garder pour notre le repas du midi non ? », gronda le père.
Elle n’eut rien à dire. Elle ne put que pleurer et s’excuser à son mari parce qu’elle se sentit en faute. Plus elle demanda pardon plusieurs fois à son mari, plus que celui-ci se met en colère. En conséquence elle ne cessa pas de couler ses larmes en supportant la colère de son époux.
« J’en ai marre d’être à la maison. Mon mari ne m’écoute plus. », se plaignit la femme dans son cœur.
Finalement, elle décida d’abandonner sa famille. Dans un minuit quand son mari et ses enfants dormaient, elle quitta la maison et s’en alla vers la mer.
Le lendemain, cette petite famille se réveilla de leur sommeil. Comme d’habitude, tous les matins, ils se rassemblèrent à table pour prendre leur petit déjeuner. Comme il n’y a rien sur la table le père s’étonna. Il s’énerva d’avoir été oublié et appela sa femme sur un ton fort.
« La mère, la mère t’es où ? »
Il l’appela à plusieurs reprises, mais il n’entendit aucune réponse de sa part. Même autour de la maison, il ne la trouve pas. Cette petite famille la chercha encore et encore jusqu’à l’aîné demanda à son père.
« Père, qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? Le cadet ne peut plus supporter sa faim. »
« Vous pouvez la chercher au bord de la mer. », répondit le père.
« Mais pourquoi à la mer ? », demanda l’aîné.
« Peut-être votre mère est là, hier le cadet a pleurniché pour avoir du poisson n’est-ce pas », ajouta le père.
Avoir compris ce que a dit le père, l’aîné emmena ses deux frères à la mer pour chercher leur mère. À l’approche de la mer, ils l’appelèrent en chantant :
Mère reviens mère…
Mère reviens mère…
Le cadet veut téter…
De la direction de la mer, la mère se présenta devant eux en apportant plusieurs poissons. Les enfants furent heureux. Elle prit le cadet dans ses bras pour l’allaiter. Puis elle dit à ses enfants de rentrer chez eux.
« Les enfants, retournez à la maison. Votre père vous attend sûrement. »
« Mais on rentre ensemble n’est-ce pas, Mère ? », convainquirent les trois enfants en tirant les mains de leur mère.
« Vous rentrez d’abord, je vous rejoins plus tard. Portez ces poissons pour votre déjeuner. Je vais chercher encore des poissons pour vous. », calma la mère l’impatience de ses enfants.
Ils obéirent ce que leur mère disait et rentrèrent chez eux en apportant des poissons capturés par la mère. À la maison, ils dirent à leur père ce qui s’était passé.
« Père, tu as raison, la mère est en train de pêcher des poissons en mer. Nous te rapportons des capturés. », dit l’aîné en lui montrant des poissons capturés.
« Où est votre mère alors ? Pourquoi elle ne vous a pas joint ? », demanda le père.
« Elle nous a dit qu’elle allait continuer de pêcher plus de poissons, Père. », répondirent les trois enfants à la fois.
« Bon préparez-en pour notre repas de midi plus tard ! », commanda le père.
Puis ces trois frères firent ce que leur père avait commandé. Pas tellement longtemps le repas était prêt mais leur mère ne se présenta pas encore.
« Finissons ces poissons grillés, il ne faut pas attendre votre mère ! » demanda le père.
« Mais il le faut, Père ! Si nous finissons ces poissons qu’est-ce qu’elle va manger, mère ? Elle aura sûrement eu faim de retour de la mer. », dit l’aîné.
Le père alors réprimanda l’aîné,
« Tais-toi ! Ne prends pas pitié de ta mère. Vous vous rendez compte que votre mère n’a pas de pitié de vous en plus de moi parce que hier, elle a donné tous les poissons restants au cadet. », affirma le père.
L’aîné et ses deux petits frères n’eurent pas de courage pour protester leur père et ils furent obligés de se soumettre à ses paroles. Ils mangèrent alors, à contre cœur, tous les poissons grillés avec son père. Jusqu’à la fin de déjeuner, la mère ne rentra pas encore, les trois enfants se mirent à s’inquiéter de leur mère au cas où elle se fit mal. Plus le jour tombe, plus ils s’inquiétèrent. Ils n’osèrent pas aller à la mer parce que il faisait sombre.
Le lendemain, ces trois enfants voulurent rejoindre leur mère à la mer. Alors ils prirent la direction vers la mer. À l’arrivée sur place, ils ne la trouvèrent pas. Ils l’appelèrent en chantant :
Mère reviens mère…
Mère reviens mère…
Le cadet veut téter…
Il leur faut trois fois pour que leur mère ait apparu de la mer. Mais ils furent très étonnés voyant le corps de leur mère ressembla à celle de poisson, sa peau fut plein d‘écailles qui fit peur les trois enfants. Ces dernières ne crurent pas qu’ils firent face à une femme à peau d’écaille qui fut leur mère. Par conséquent, le cadet ne voulut pas téter sa mère.
« Venez, mes enfants ! Je suis votre mère ! », convainquit la mère.
« Non, ce n’est pas vrai, notre mère n’a pas d’écaille. » renoncèrent les trois enfants.
Après avoir rejeté leur mère, ils s’en allèrent laissant derrière la femme à peau d’écaille. Ils parcourent la plage sans bien définir la direction. Tandis que la mère qui s’était métamorphosée en poisson retourna vers son nouvel habitat, la mer.
***
Ainsi le récit Origine de Dugong de Sulawesi (Célèbes) Central, Indonésie. Il peut être classifié dans le conte contenant des leçons morales qui pourraient être utiles dans la vie quotidienne. Une des leçons est la conséquence du caractère grossier. Dans le récit, c’est le père qui le montre souvent par conséquent sa femme le quitte. Une expression malaise possède sa façon de prévenir les gens (Tenas Effendy, 1994/1995 : 55).
Binasa badan diri kasar langgar
Binasa badan kurang ajar
Le récit a été réinterprété d’un recueil de contes de Sulawesi Central intitulé Cerita Rakyat dari Sulawesi Tengah.
(Samsuni/sas/124/02-09)
Traduit par Arya Seta (4/03-09)
Bibliographie :
Anonymat, « Sulawesi Tengah » <http://id.wikipedia.org/> (16 février 2009)
Atisah, Muhammad Jaruki, Cerita Rakyat dari Sulawesi Tengah, Jakarta, Grasindo, 2001.
Effendy, Tenas, Ejekan terhadap Orang Melayu Riau dan Pantangan Orang Melayu Riau, Pekanbaru, Bappeda Tingkat I Riau.
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