Gopek ‘cinq cent’ et cepek ‘cent’ sont deux mots très familiers chez les Malais de Betawi (Jakarta). Selon Muhadjir, les deux mots sont une évidence de l’emprunt du chinois fait par le malais de Betawi. Cet emprunt est une forme de domination d’une langue à une autre langue.
2. Influence
Suivre les traces du malais est comme retrouver les influences des langues étrangères auprès du malais, et l’une des langues était le chinois. Outre le chinois, il y a, en fait, plusieurs langues qui ont contribué au développement du malais (telles que la langue sanskrite, arabe, et les langues européennes), mais cet essai se concentre sur l’influence du chinois en langue malaise.
On ne peut pas négliger que le mot melayu ‘malais’ était issu pour la première fois du carnet de voyage chinois. Bien qu’il ne ressemble phonologiquement, les scientifiques (notamment les historiens) qui interprêtent le mot Mo-lo-yue, dans le carnet chinoise, comme un royaume à Sumatra. L’utilisation de l’alphabet chinois dans la rédaction du carnet démontre une relation ancienne entre les Chinois et les Malais. D’après un rapport, le carnet est venu de 644 et 645 ap. J.-C.
Environ 1560 de notre ère, les vocabulaires du malais présumés avaient une relation au chinois ont été récupérés par Yang Lin. Et ce qui est étonné, à la seconde moitié du 16ème siècle, l’archiviste de la capitale du royaume chinois est parvenu à ramasser 500 lexiques. Le domaine commerciale est le plus influencé. Les noms des marchandises luxueuses importées de la Chine sont empruntéspar le malais ainsi.
Comme le malais est assez loin, au sens de la famille de langues, du chinois, alors il est présumable que les mots du malais, qui étaient rassemblés et se trouvaient en langue chinoise, sont les mots empruntés. Le malais les a emprunté et puis utilisé.
Pour illustrer la comparaison, voici des mots présumés du chinois (da la dynastie Ming) notés par Edwards et Blagden (1930-1932) citée de Collins (2005).
Dynastie Ming
Malais contemporain
Signification
chia pu erh (kamper)
kapur (chaux)
camphre
ko lo ma (kurma cina)
kurma (datte)
datte
chen chieh (cengkeh)
cengkeh (clou de girofle)
clou de girofle
pa wan lam (pualam)
pualam (marbre)
marbre
ka mo ku su (kemukus)
kemukus(cubèbe)
cubèbe
yin tan (intan)
intan (diamant)
diamant
D’après l’analyse de Collins, il faut d’abord couper les mots en syllabe pour savoir si ces mots sont présumés de langues étrangères. Par exemple, le mot kemukus qui vient du mot ko mo ko su.
3. Comparaison simple du malais et du chinois
Observer le chinois et le malaise puis trouver les identités entre les deux, serait difficile à effectuer, mais si cela se faisait, certes les différences qui aurait apparu.
Phonologiquement, le chinois et le malais sont différents. Si on observe les sons en chinois, la plupart ne le sont pas en malais et vice-versa. Par exemple un changement de ton en chinois provoque une autre signification d’un mot à l’autre, tandis qu’en malais le ton, en générale, ne signifie rien. À propos de la consonne, le chinois a les consonnes /zh/, /ch/, /sh/, alors que le malais ne l’est pas. De l’autre côté, le malais différencie le /r/ et /l/, mais le chinois ne les voit aucune différence.
Quant au ton, l’exemple le plus courant est la différence de prononciation des mots suivants
Énoncé
Signification
Ton
(mā)
mère
mélodie haute
(má)
ramie ou lent
mélodie haute montante
(mǎ)
cheval
mélodie basse complexe descendante montante
(mà)
injurier
mélodie haute descendante
(ma)
adverbe d’intérrogatif
mélodie égale
Les différences phonologiques non seulement sur le ton mais aussi sur le syllabe. En générale,
les mots chinois ne contiennent qu‘une seule syllabe ayant une voyelle avec sa variation de diphtongue. Prenons un exemple du tableau ci-dessus, l‘énoncé chinois /mǎ/ (cheval) qui est constitue d‘une syllabe et une voyelle comparé au énoncé malais /kuda/ qui est constitue de deux syllabes et deux voyelles.
Le chinois est une langue monosyllabique (en générale les mots se constituent d‘une syllabe). Par contre, le système de syllabation du malais est bisyllabique (les mots de deux syllabes). C‘est pourquoi la plupart de mots malais possèdent deux syllabes.
Selon la typologie linguistique, la langue chinoise est une langue tonale, au contraire le malais n‘a pas de niveau de tons aussi compliqué que le chinois. Voire, le ton ne sert à rien qu‘augmenter le volume de voix.
À partir de la différence, les linguistes ont conclu que le malais n‘est pas de la même famille. Le malais appartient aux langues austronésiennes tandis que le chinois appartient aux langues sino-tibétaines.
Comme le malais et le chinois ne sont pas de la même famille, alors il n‘y a qu‘une seule possibilité à propos des mots ressemblants dans les deux langues. C‘est le malais qui a emprunté les mots de la part du chinois (en particulier le chinois de la période de dynastie Ming).
4. Créativité du malais
Après avoir traité les lexiques ci-dessus, la question ordinaire qui se pose à propos de mots emprunts est comment le malais a-t-il modifié les mots empruntés. En fait le malais a fait une méthode d‘emprunt adaptation. D‘abord les mots ont été empruntés du chinois et puis ils sont adaptés en fonction de la grammaire malaise.
5. Influence du chinois vers l‘indonésien actuel
Si en effet les deux mots parlés par les Malais Betawi, écrits dans l‘introduction, sont les mots non standard, alors se pose une question sur la forme du malais en tant que la langue officielle de la République indonésienne ? Y a-t-il une influence du chinois en indonésien ?
Le site wikipedia.com a traité et à la fois répondu à la question. Il existe des mots, qui se parlent encore en indonésien, sont d‘origine chinoise. Le site affirme également que la plupart de mots adoptés sont utilisés exclusivement par certaines sociétés notamment les Hokkiens qui sont venus de la province Fujian. Cette province était le lieu d‘origine de la plupart des immigrants chinois qui ont débarqué et cherché la vie en Indonésie.
Après avoir classifié, le domaine d‘utilisation des mots adoptés est limité dans certaines vocabulaires, par exemple le vocabulaire gastronomique, on a teh ‘thé‘, tahu ‘tofu‘, kecap ‘sauce du soja‘, bakmi ‘nouilles‘, soto ‘espèce de soupe de la viande ou du poulet‘ et sate ‘brochette‘. En outre, le vocabulaire de la culture chinoise imlek ‘nouvel an chinois‘, hongshui ‘manière d‘organisation de pièce‘, shio ‘recueil de prédiction‘, etc. Néanmoins, les lexiques d‘arme à feu d‘origine chinoise n‘existent pas.
6. Conclusion
L‘influence du chinois s‘est mise à pénétrer en langue malaise depuis 15ème siècle, pourtant elle reste encore en langue malaise d‘aujourd‘hui, notamment en langue malaise dans certaines régions. Dans la réception de l‘influence chinoise, le malais a pu faire un accord linguistique (par les procédés phonologiques et morphologiques) pour faciliter les locuteurs. La conséquence, il est donc difficile étymologiquement de trouver la forme originale du mot. C‘est à cause de la différence de la structure linguistique du chinois et celle du malais. (SR/bhs/44/09-07)
Lubis, A. Hamid Hasan. 1988. Glosarium Bahasa dan Sastra. Bandung: Penerbit Angkasa.
Muhadjir. 2000. Bahasa Betawi: Sejarah dan Perkembangannya. Jakarta: Yayasan Obor Indonesia.
Poedjosoedarmo, Soepomo. 2006. Perubahan Tata Bahasa: Penyebab, Proses dan Akibatnya (pidato pengukuhan guru besar). Yogyakarta: Universitas Sanata Dharma.
Jacques, Guillaume. 2006. Introduction to Chinese Historical Phonology (http://xiang.free.fr/leiden-en.pdf, 18/09/07)